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Claude Le Blanc, La liberté de créer

« La liberté pour moi n’était pas un privilège, mais un choix essentiel ! » Cette liberté, Claude Le Blanc se l’est offerte à 40 ans. Le jour où il en a eu assez de sa vie de commerçant, le jour où il a décidé que la peinture serait le centre de sa vie.

Petit-fils d’orfèvre et fils d’un diplômé des beaux-arts, Claude se dirige naturellement vers les arts malgré les protestations de son père. La vie le fait ensuite bifurquer vers le commerce, métier qu’il exerce durant près de 20 ans. Cependant, la création, la recherche d’une paix intérieure et d’un équilibre précieux deviennent inévitables. Il ressent profondément le besoin de peindre. Vingt-trois années se sont écoulées depuis cette décision qui a tracé sa destinée.

Il me parle de la Floride où il sillonne les routes depuis près de cinq mois. Il est parti là-bas tant pour profiter d’une température plus clémente que pour vivre en symbiose avec cette nature grandiose qui l’inspire. Il me raconte avoir traversé les Everglades plus de sept fois, toujours émerveillé par tant de beauté. Il partage sa vie avec Marie-Andrée Couture, artiste elle aussi et complice de sa quête nomade de création. Son atelier de Montréal, situé au Chat des artistes, lui imposait des murs; il a eu envie d’espace.

C’est avec un petit camion atelier – qui lui sert aussi de demeure – que Claude Le Blanc effectue un pèlerinage qui le mène chez les galeristes qui exposent ses oeuvres en Floride. Il s’arrête quelques jours et s’accorde le plaisir de peindre dans les jardins d’une de ces galeries, pour le plus grand bonheur de la clientèle venue le rencontrer. Lorsqu’il est sur la route, il travaille parfois à l’acrylique, qui lui impose des règles particulières, un séchage plus rapide, une empreinte différente. Le plus souvent, il travaille à l’huile sur des panneaux de bois.

De son imaginaire, il fait surgir des images et des couleurs par une approche abstraite au départ. Puis, par couches successives, il construit et déconstruit ses oeuvres avec des spatules et des outils rudimentaires. Ses tableaux courent un danger constant tant qu’ils n’ont pas quitté l’atelier ou le lieu de création.

À tout moment, il peut reprendre son tableau, en gratter le bois, laisser se produire des accidents. Il aime que transparaisse l’évolution, que les teintes finissent par s’incruster dans le support. Cette écriture singulière, ces traces, cette énergie créatrice composent l’essentiel de son oeuvre, de ses recherches, de sa grande quête d’authenticité et de simplicité. L’artiste ne s’arrête que lorsque la magie se pointe au rendez-vous, que lorsque le tableau vit par lui-même et qu’il raconte une histoire qui lui permet d’exister. Les barques sont omniprésentes dans son oeuvre, par symbolisme, pour rappeler le passage d’une rive à l’autre, d’une vie à l’autre. Elles deviennent surtout un prétexte à la peinture et à l’écriture, tout comme l’eau lui permet de jouer avec la réflexion lumineuse.

Sa recherche de lumière, de contrastes et de couleurs, il la décrit comme une quête de vibrations qui allument les êtres, de gammes d’émotions qu’elles réussissent à faire surgir. Une sorte d’excitation résulte de leur agencement judicieux. Ses tableaux évoquent souvent le souvenir d’instants captés en voyage : un marécage au crépuscule, un coucher de soleil sur un lac de Naples que l’on croirait en feu tellement la lumière est intense. Chaque toile témoigne de l’histoire du peintre, de sa vie, de sa liberté choisie.

À Montréal, les oeuvres de Claude Le Blanc sont à découvrir à la Galerie MX, 333 Viger Ouest.

galeriemx.com

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