Loading...

Investissement émotionnel

Certains achètent des actions, d’autres des maisons. Il y a plusieurs façons de placer son argent et à peu près aucune n’est infaillible. Sauf peut-être l’investissement dans le domaine de l’art. Quand on achète un tableau, on se procure un bien qui peut être revendu, parfois avec profit. Mais le gain est d’abord et avant tout personnel, car l’oeuvre peut nous apporter beaucoup émotionnellement.

Selon François Lauzon, propriétaire la galerie MX, on a vu lors de la crise financière en 2008, des gens décider d’investir dans l’art, parce que c’est un placement qui a tendance à toujours s’apprécier si on sait bien choisir. Mais on doit chaque fois y aller avec son coeur : cela fait partie de l’équation. Contrairement à la bourse où l’émotion n’a pas sa place, l’achat d’une oeuvre va généralement être une bonne acquisition, ne serait-ce parce que l’on va avoir profité de la présence de la toile. Cette opinion est partagée par Michael Mensi, un ancien galeriste et maintenant agent depuis plus d’une décennie, dont six ans à représenter des peintres à l’international, tant au niveau institutionnel que commercial, le tout sans subventions gouvernementales! Pas étonnant que le mot passion revienne sans cesse dans son discours. Celle-ci l’amène en Chine où il partage avec d’autres amateurs d’art son engouement pour le travail pictural de Dominic Besner. Faire déborder un créateur des cadres de son pays est important, car cela augmente sa valeur sur le marché. C’est d’ailleurs un élément dont l’investisseur d’art doit tenir compte, en faisant des recherches avant de prendre sa décision. François Lauzon recommande : il faut visiter des galeries, porter son choix sur un artiste qui nous plaît, puis faire ses devoirs en posant des questions aux galeristes, en consultant le CV du peintre, en assistant à ses vernissages pour voir le déroulement de la vente et échanger avec d’autres personnes qui partagent nos goûts.

On peut choisir d’explorer le marché secondaire, c’est-à-dire la revente de toiles de grands maîtres ou d’artistes bien établis ou décédés, mais il s’agit des ligues majeures où de très grosses sommes sont parfois en jeu. Michael Mensi établit d’ailleurs un parallèle avec les maisons d’encan (de type Sotheby’s) et les grands fonds d’investissements boursiers : tous deux pèsent très lourd dans leur domaine respectif et rendent la vie plus difficile aux petits investisseurs. Voilà pourquoi ces derniers ont avantage à s’en tenir au marché primaire, soit des peintres représentés par des galeries. D’ailleurs, celles-ci sont des partenaires de premier plan pour qui veut se procurer des créations artistiques. Les galeristes peuvent conseiller l’acheteur, en plus de lui procurer le certificat d’authenticité et l’évaluation de la peinture. Peu importe la somme en jeu, on peut se procurer une oeuvre d’art qui nous plaise et faire une bonne affaire. Toute la difficulté, comme le fait remarquer Michael Mensi, c’est de pouvoir quantifier cette acquisition. Mais l’intérêt de la chose est ailleurs : si on s’arrête quelques secondes par jour devant un tableau dans sa maison et que cela nous procure une émotion, on a bien placé son argent. De son côté, François Lauzon affirme que l’on peut très bien faire ses propres découvertes si l’on exécute sérieusement sa recherche. À la suite d’une mise de fonds même limitée, il arrive qu’on ait en main une toile qui prenne beaucoup de valeur parce que la cote de l’auteur ne cesse de monter. Le problème devient alors de se convaincre de s’en départir!

sylvain-coulombe-le-songeur-au-pull-rouge

Sylvain Coulombe, Le songeur au pull rouge

dominic-besner-les-herauts-nobles

Dominic Besner, Les hérauts nobles

leszek-wyczolkowski-meditation

Leszek Wyczolkowski, Méditation

francois-trottier-au-carre

François Trottier, Au carré

Hotel Quintessence