Loading...

Scott Plear, Abstraction haute en couleur

Très peu de choses ont été écrites sur le peintre Scott Plear. Il y a bien quelques articles de journaux qui ont suivi certaines de ces expositions, principalement en Alberta et en Colombie-Britannique, où il est né à Vancouver en 1952. Pourtant, l’artiste est membre de l’Académie royale des arts du Canada (RCA) depuis 2004. C’est un peintre important qui a exposé en solo dans l’Ouest et en Ontario, mais dont on a aussi vu les oeuvres à Londres ou aux États-Unis, en Zambie même ! Et un professeur collégial qui enseigne la peinture en Colombie-Britannique.

Sexagénaire, Plear a donc baigné durant son jeune âge dans une époque postfigurative en peinture. Il est presque normal qu’il se soit tourné vers l’art abstrait. « Ma première expérience de peinture fut avec l’aquarelle. Ce travail m’a mené naturellement à la peinture acrylique, ce qui m’a permis de jouer avec un plus grand choix de balance et de texture. » Quand on regarde ses tableaux de près, on sent bien les couleurs qui s’entremêlent, se chevauchent, tout en gardant une transparence comme dans l’aquarelle. Mais à cela, se sont ajoutés les amoncellements d’acrylique que la spatule n’a pas tout étendu, alors qu’ailleurs on voit encore le grain de la toile, à peine imbibée de peinture. On sent le geste de l’artiste qui a fait gicler la couleur. Car ses oeuvres sont très colorées, très fortes. Très gaies aussi. Le personnage ne semble d’ailleurs pas se prendre trop au sérieux. Il apprécie les commentaires de sa femme et de ses étudiants; lui-même apparaît comme un bon vivant physiquement, avec ses grosses lunettes rondes et ses cheveux hirsutes. Mais c’est un travailleur infatigable. Sa peinture n’est pas basée sur la sociologie ou la politique; il n’a pas de message à faire passer, affirme-t-il. Pour lui, l’art se fait dans la pratique. Comme pour le musicien. «L’art est expérience, pas seulement une vue de l’esprit, et il permet d’atteindre des sentiments que l’on ne peut atteindre autrement. La poésie crée cela, l’architecture, la cuisine, alors c’est tout un monde», déclarait-il à une étudiante, Alexandra Ghecevici, pour sa thèse de maîtrise parue en 2010. Et décoder ses toiles n’est pas non plus sa tasse de thé. Il prétend que les tableaux sont chargés de choses qui vont au-delà des mots. «Comment pouvez-vous mettre Mozart en mots ? Vous pouvez essayer, mais ce ne sera pas Mozart. Vous ne ferez pas l’expérience Mozart; vous ferez l’expérience des mots. Vous devez voir les peintures au lieu de vous les faire décrire.» Quoi dire de plus alors ? Il vaut mieux se rendre sur place, dans la galerie qui le représente, et se planter devant les toiles et les goûter pleinement. Vous verrez, c’est très prenant. Moi, j’adore.

GALERIE MX, galeriemx.com

m12-arts-scott-plear-partagas-4-core

m12-arts-scott-plear-petrus-core

m12-arts-scott-plear-buster-bore

YUL