Loading...

Le Tariquet, une histoire de clan

Dans une région plus réputée pour ses eaux-de-vie que pour ses vins, une famille a réussi, sur une période de 100 ans à passer de l’un à l’autre, sans rien négliger. En fait, les Artaud-Grassa ont laissé cours à leur passion pour la vigne tout en faisant preuve d’imagination et d’audace, ce qui a donné des vins blancs frais et fruités très appréciés. Nous sommes à Eauze dans le Bas-Armagnac et le Tariquet est un domaine des Côtes de Gascogne, une indication géographique protégée pour parler moderne.

En 1912, Pierre Artaud, qui a fait de l’argent aux États-Unis à titre de montreur d’ours, un métier singulier, revient en France et achète la propriété du Château du Tariquet. Depuis déjà plus de 200 ans, on y fabrique des Bas-Armagnacs. Ceux-ci sont des eaux-de-vie élaborées à partir de vins blancs. L’armagnac est né au Moyen-Âge et il est considéré alors comme un médicament à cause de ses vertus thérapeutiques ! Beaucoup plus tard, il deviendra un plaisir de dégustation. L’appellation comprend trois terroirs : le Haut-Armagnac, la Ténarèze et le Bas-Armagnac. Pierre Artaud a donc mis la main sur une parcelle de trésor national. Dix ans plus tard, son fils Jean-Pierre, resté en Amérique, fait un aller-retour pour racheter l’ensemble des parts de la propriété afin d’éviter que celleci ne sorte du giron familial. Sa rentrée définitive se fait en 1925, année de naissance de sa fille Hélène. Celle-ci épousera Pierre Grassa en 1946 et ils feront des Bas-Armagnacs sur leurs 50 hectares et aussi… quatre enfants : Maïté, Christiane, Françoise et Yves. Un clan solide animé d’un fort esprit de famille.

1982 marque un tournant pour eux avec le lancement d’un vin blanc, frais et fruité. Le Classic, fait à 100% d’ugni blanc, un cépage typique armagnaçais, remporte un succès immédiat. On l’exporte aux États-Unis et en Angleterre où il sera le vin blanc de l’année en 1987; il est alors élaboré à partir d’ugni blanc et de colombard. C’est le début de leurs assemblages créatifs : le vin n’est pas figé, sa signature est d’évoluer. Quant au domaine, il s’agrandit avec de nouvelles vignes et de nouveaux cépages. En fait, c’est plutôt l’implantation de variétés peu en vogue dans la région : sauvignon, chardonnay et chenin. Fin 1990, on crée deux vins moelleux à base de gros et petit manseng appelés Les Premières Grives et Dernières Grives. Encore une fois, l’esprit créatif et l’intuition du goût des consommateurs permettent aux Grassa de taper dans le mille. En 2005, les deux fils de Yves se joignent à l’exploitation familiale : Rémy et Armin constituent la quatrième génération. Et l’aventure continue avec maintenant 900 hectares, dont une centaine sert toujours à produire les 120 000 flacons de Bas-Armagnac et le reste à élaborer les 8 millions de bouteilles d’un vin blanc qui a conservé les arômes primaires du raisin. «Un vin qui transmet le plaisir infini de croquer un grain de raisin», selon le désir d’Yves Grassa.

DOMAINE TARIQUET, tariquet.com

m10-tchin-chateau-du-tariquet

m10-tchin-tariquet-armin-et-remy

m10-tchin-tariquet-dernieres-grives-2008

m10-tchin-tariquet-grappe-d-ugni-blanc

m10-tchin-tariquet-yves-grassa

Hotel Quintessence