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Margareth Henriquez La femme derrière le « meilleur champagne au monde »

Faire sa place dans un milieu chauvin et encore largement dominé par les hommes n’a pas été chose facile pour la Vénézuélienne Margareth Henriquez. Mais avec de la volonté et du travail acharné, cette femme de tête — diplômée d’Harvard — et de terrain — à l’écoute des vignerons — a su accéder au poste de présidente-directrice générale de l’une des maisons champenoises les plus luxueuses et réputées au monde : Krug. Depuis 2009, cette grande dame s’eff orce donc de demeurer loyale à la vision du fondateur et d’emmener cette maison créée en 1843 sur de nouveaux territoires.

Vous avez autrefois travaillé pour différentes maisons axées sur la consommation de masse. L’approche est-elle différente lorsqu’il s’agit de produits de luxe ? Oui. Quand on travaille dans le mainstream, c’est plus facile, car il suffit d’aller chercher un angle particulier et de proposer quelque chose que les autres n’ont pas. C’est du marketing classique. Mais le luxe se travaille différemment… je l’ai appris à mes dépens. J’ai dû oublier tout ce que j’avais appris avant. Il a fallu que je retourne à la base et que je me connecte avec la vision du fondateur, Joseph Krug. On s’est donc assis avec les historiens et on a réécrit l’histoire de Krug. Nous sommes allés récupérer les codes de la maison pour ensuite changer la façon de communiquer, car c’est la communication qui fait le luxe.

Qu’est-ce que le luxe ? Le luxe, c’est quelqu’un qui décide de ne pas faire les choses comme les autres. Quelqu’un qui va au-delà des limites. Le luxe, c’est la beauté, l’excellence, la qualité extraordinaire et sans compromis. Le luxe, c’est cette espèce de lumière qui rayonne sur le reste de l’industrie; une lumière qui est toujours là pour éclairer le chemin des autres. C’est pour ça que l’obligation des maisons de luxe est toujours d’être devant et d’innover.

En quoi Krug a-t-il innové depuis votre entrée en fonction ? L’innovation chez Krug, ce n’est pas tant dans les produits, parce que ça prend vingt ans à faire. Le champagne Krug a bel et bien évolué au fil de six générations, mais de manière naturelle et tout en respectant les fondamentaux de l’entreprise. En termes d’innovation, on mise plutôt sur l’expérience et la communication. On a donc introduit les Krug ID, des fenêtres numériques qui proposent l’histoire de la bouteille. Nous avons aussi le site Web, la Krug App, un compte Twitter et bientôt une page Facebook. Encore plus ? On fait maintenant de la musique sur mesure avec des musiciens réputés, pour faire vivre une expérience unique aux gens. Nous proposons donc une formule musique et champagne.

Sur une note plus personnelle, quelle est votre boisson de prédilection ? Moi, c’est le champagne sans hésitation. Surtout parce que je peux boire sans ressentir l’effet de lourdeur et de fatigue comme avec le vin, ni le feeling intense comme avec l’alcool fort. Je me réveille donc le lendemain comme si j’avais bu… de l’eau !

Quel est le meilleur champagne que vous avez eu la chance de déguster ? C’est le Krug Grande Cuvée créé avec la vendange de 1986. C’était magique ! On a trouvé 14 bouteilles seulement. Aujourd’hui, il n’en reste que 10 dans le patrimoine de la maison, et on ne peut pas les partager. C’est vraiment dommage…

Le champagne se boit en toute occasion, mais quel est le meilleur accord mets-champagne, selon vous ? J’adore la truffe – autant la noire que la blanche – avec le Krug Grande Cuvée. En mariant les deux, c’est un peu comme si les saveurs se multipliaient et duraient trois à quatre fois plus longtemps en bouche. C’est une expérience magique, une opportunité qu’on a d’être touché par de la bonne cuisine et un champagne d’exception, qui se marient à la perfection. On tombe littéralement dans une autre dimension !

Margareth Henriquez La femme derrière le « meilleur champagne au monde » – e-mag

Henri Vezina