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Une maison abandonnée… Une restauration parfaitement exécutée

ELLE NE PAYAIT PAS DE MINE, CETTE PETITE VIEILLE SOLIDEMENT ASSISE AUX CONFLUENTS DE LA RIVIÈRE DES OUTAOUAIS ET DU LAC DES DEUX-MONTAGNES. APRÈS DE NOMBREUSES ANNÉES SANS HABITANTS, HORMIS DES CHAUVE-SOURIS RÉCALCITRANTES, CETTE MAISON DE PIERRE DE 1850 N’AVAIT DE PRESTIGIEUX QUE SON PASSÉ. MAIS C’ÉTAIT SANS COMPTER SUR LA PERSPICACITÉ DE RICHARD PETIT, HOMME D’AFFAIRES ÉMÉRITE ET AMATEUR DE MAISONS ANCIENNES, QUI DÉCOUVRIT CE JOYAU BRUT AU COURS D’UNE VIRÉE EN HÉLICO. SON OBJECTIF? LUI REDONNER SON CARACTÈRE TOUT EN L’ADAPTANT AUX EXIGENCES D’UNE VIE MODERNE. EN BOUT DE LIGNE, IL FALLUT DU COURAGE, DE LA TÉNACITÉ, L’APPUI D’UN ARCHITECTE (MARC JULIEN), D’UN EXTRAORDINAIRE MAÇON (SERGE PETIT), DE DEUX ARTISANS (LUC QUÉRION ET LOUIS VIGNEAULT) QUI ACCOMPAGNENT TOUJOURS RICHARD DANS SES PROJETS ET CINQ ANNÉES DE LABEUR POUR LA TRANSFORMER EN DEMEURE CHALEUREUSE, AU CACHET UNIQUE ET À LA VUE IMPRENABLE.

Toute la maison a été « déshabillée » jusqu’aux murs de pierre. On a ainsi découvert dans une des chambres un imposant foyer qui est devenu le centre d’intérêt du grand salon. Le plafond a conservé son allure initiale; mais pour le renforcer, on a remplacé les poutres de bois par des poutres en acier qu’on a recouvertes de bois.

Dans cette pièce magnifique, on profite d’une vue à 180° sur la nature et les saisons, un tableau qui sert de toile de fond à la grande télé. Un endroit magique pour terminer la journée. Un ensemble modulaire et une lampe sur pied surdimensionnée habillent cette pièce toute simple mais parfaitement conviviale. Meubles et lampe ROCHE BOBOIS Téléviseur Bang & Olufsen KÉBECSON.

Pour le papa et sa fille qui le visite régulièrement, des chambres ont été installées à l’étage. Entre les deux, dans le prolongement de la cage d’escalier, une cloison de verre techno que l’on peut opacifier pour préserver l’intimité des habitants. Mobilier de chambre TRIEDE.

Dans la salle de bain de la chambre du maître, un bain ovoïde repose majestueusement face à la fenêtre. Question d’homogénéité, les pieds modernes ont été recouverts du même bois qui a servi à certains éléments architecturaux. Les planches du plafond ont été minutieusement retirées, nettoyées, désinfectées et réinstallées afin de préserver le cachet d’antan (un travail de moine réalisé par grand-papa Fred). Le plafond a été isolé mais pour reproduire l’effet des anciennes brèches entre les planches, on y a inséré des lattes de tôle qui reflètent la lumière.

L’escalier qui mène à l’étage s’inspire des anciennes échelles de meunier. Le style, ouvert et léger, permet de maximiser la lumière sans bloquer la vue. Mais ne vous y trompez pas, la structure est en acier solide camouflé par une enveloppe de bois. Les planchers de cerisier, originaux, sont huilés et non vernis: la sensation sous les pieds est exceptionnelle.

D’une restauration à l’autre, le proprio avoue agrandir chaque fois le comptoir de la cuisine. Dans cette demeure, la longueur de 16 pi du comptoir de ciment et les tabourets de Philippe Starck – modernité et rusticité se rencontrent – permettent d’accueillir famille et amis autour de repas informels. Cuisine CUISILAB.

Toutes les fenêtres ont été remplacées par des neuves, faites sur mesure et adaptées à l’épaisseur des murs. Avant d’entreprendre les travaux, le proprio a passé bien des weekends dans une roulotte Airstream, qui servit d’abord de campement et ensuite de bureau de chantier. Il en a profité pour réfléchir à la meilleure façon de tirer parti de la lumière en observant la course du soleil. Dans le prolongement de la maison, à l’endroit où le soleil se couche, on a bâti une rallonge généreusement fenêtrée pour profiter de la vue. On a même pris la peine de construire la structure afin d’éliminer le poteau de soutien qu’on aurait normalement dû trouver dans le coin.

Anecdote : La plupart des gens qui ont tenté d’acquérir cette maison lors de sa mise en vente souhaitaient d’abord l’acheter pour le terrain sur lequel elle reposait. Richard Petit préférait au contraire lui redonner ses lettres de noblesse et peut-être un jour la convertir en camp de musique. Alors comment Richard Petit a-t-il réussi à convaincre les anciens proprios de la lui céder? Grâce aux photos d’une autre maison de 1850 qu’il a aussi rénovée avec dévotion.

Photos: Carlos R. Martinez

Roche Bobois