Loading...

Ferrari 275 GTB/4S N.A.R.T SPYDER, l’argent ne dit pas tout

Damné argent ! On ne parle que de ça quand on relate les résultats d’une vente aux enchères. Bien entendu, ce sont les sommes pharaoniques déboursées pour certains modèles rares qui retiennent l’attention des journalistes. Si les amoureux des belles voitures d’époque acceptent de payer de petites fortunes pour une auto en particulier, c’est souvent pour acquérir une page d’histoire, bien avant une jolie carrosserie ou une mécanique de choix.

Prenons le cas de la Ferrari en titre, achetée récemment à Pebble Beach au coût de 27,5 millions de dollars (une somme identique à l’appellation numérique de la voiture) par un homme d’affaires bien connu du Québec qui possède une impressionnante collection arborant l’emblème du Cavallino Rampante. Est-il besoin de vous dire que sa dernière acquisition a été transportée au Québec dans un camion blindé et sous escorte policière?

Comme la plupart de ses semblables, cette automobile, au-delà de son prix, a une histoire. Et quelle histoire ! Elle a d’abord été la propriété d’Eddie Smith père, un riche Américain qui en avait fait l’achat après avoir accompagné son ami Luigi Chinetti à Maranello. Au début, on avait prévu construire 25 exemplaires de la Spyder 275 GTB/4S, mais pour des raisons inconnues, seulement 10 modèles furent fabriqués, créant dès lors une incroyable rareté.

Steve McQueen avait conduit une telle Spyder dans le film The Thomas Crown Affair et l’avait achetée après le tournage. Toutefois, il fut ensuite victime d’un télescopage dans une rue de Los Angeles et la voiture fut jugée irréparable. L’acteur, qui connaissait bien Eddie Smith père lui offrit d’acquérir son auto. Ce à quoi l’homme d’affaires répondit : «Steve, je t’aime bien, mais je ne suis pas amoureux de toi».

«Aucune somme n’aurait suffi pour convaincre mon père de vendre sa Spyder 275 GTB», relate dans un document d’archives (petrolicious.com) Eddie Smith fils. «Dad était fou de sa voiture et la conduisait chaque jour malgré sa valeur qui ne cessait de croitre au fur et à mesure que les collectionneurs faisaient monter les enchères.» Il se souvient de son paternel comme d’un philanthrope qui répandait le bonheur autour de lui par sa bonne humeur. «Je n’ai jamais vu mon père connaitre une mauvaise journée», ajoute-t-il, en précisant que c’était un homme d’exception qui conduisait une voiture d’exception. Depuis qu’Eddie Smith père est décédé il y a six ans, sa Ferrari de prédilection a été mise au rancart et ce n’est que récemment que la famille, d’un commun accord, a décidé de la vendre au profit de diverses oeuvres de charité.

«Elle va enfin sortir de sa prison, raconte Eddie fils avec un serrement au coeur. Toute la famille aura un peu mal de voir partir la voiture, mais nous aurons la consolation de savoir qu’elle mettra un sourire sur bien des visages, y compris celui de mon père.»

P.-S. : Cette Ferrari vient s’ajouter à un patrimoine québécois de voitures de collection particulièrement riche, dont la famille Demers de Thetford Mines est sans doute la plus grande autophiliste.

Par: Jacques Duval
Avec la collaboration de Richard Petit
Photo: Eugene Roberston, courtoisie de RM auctions

m13-auto-lot-225-1967-ferrari-GTB4S-N.A.R.T.-credit-courtesy-of-RM-Auctions

YUL