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Bellissimi

La marque centenaire Maserati, qui commande toujours le respect dû à sa légende, traverse une période faste sous la férule de Ferrari. La compagnie a tour à tour appartenu aux cinq frères de la famille Maserati, qui l’avaient fondée en 1914. Faute de capitaux en cette époque troublée, l’entreprise est passée sous le contrôle de la famille Orsi en 1937. C’est grâce à l’intervention massive du gouvernement italien et de l’Argentin Alessandro de Tomaso que Maserati reste debout dans ses nouveaux locaux, à Modène, le fief de Ferrari. Il aura fallu attendre l’intervention de Fiat en 1993 pour que la santé financière de Maserati soit assurée.

UNE ADMIRABLE remontée

Heureusement, la marque a retrouvé ses lettres de noblesse grâce à son intégration dans le groupe Fiat. Puisque Ferrari cherchait une façon de commercialiser une voiture plus accessible sans perdre en prestige et en intégrité, il fut décidé que Maserati assumerait ce rôle dans le groupe.Un retour dans le temps nous apprend notamment que Maserati a vu le jour bien avant Ferrari, soit en 1914, à l’aube de la Première Guerre mondiale. L’emblème de Maserati, le trident, a été inspiré par la fourche de Neptune de la Piazza Maggiore, l’un des attraits touristiques de la ville de Bologne.

La création de la marque est en quelque sorte une histoire de famille impliquant pas moins de cinq des sept frères Maserati, ayant tous une passion brûlante pour l’automobile. Carlo, l’aîné, a d’abord une entreprise de vélos et de motos, tandis qu’Alfieri oeuvre dans les bougies d’allumage. Nous sommes alors en 1922. Quatre ans plus tard, c’est le vrai début de Maserati, dicté par Alfieri et Ettore. La firme n’a alors qu’une seule vocation : construire uniquement des voitures de course pour asseoir sa réputation, qui ne tarde pas à fleurir avec une victoire dans la célèbre course sur route Targa Florio, disputée en Sicile en 1929 avec une Maserati Tipo 26. Encore mieux, l’orgueil de Modène s’assure un doublé avec des victoires successives (39 et 40) aux 500 Miles d’Indianapolis avec le pilote Wilbur Shaw.

DE LA PISTE À LA ROUTE

Au début des années 30, la voiture de Grand Prix Maserati 8CM est littéralement imbattable. L’armoire à trophées du constructeur s’enrichit de nouveaux lauriers soulignant son record du monde de vitesse à 243,069 km/h.

En Formule 1, la monoplace 250 F consacre Juan Manuel Fangio lors des championnats du monde de 1954 et 1957, tandis que la Birdcage domine les courses de voitures sport. C’est à cette époque que Maserati décide de profiter de sa notoriété pour introduire sa première voiture de route, la A6. Elle sera suivie de nombreux modèles qui sont aujourd’hui très convoités dans les encans de voitures exotiques, que ce soit la 3500 GT de 1957, la Bora, la Mistral, la Khamsin, la Quattroporte, sans oublier la plus désirable d’entre toutes, la Ghibli, qui enjolivait la couverture du Guide de l’auto 1969 dans sa version coupé. Incidemment, le nom de ce modèle mythique a refait surface l’an dernier sous les traits d’une berline sport. À l’époque, j’avais fait l’essai d’une Ghibli sur cette fameuse route de la région d’Emilia Romagna baptisée Terra dei Motori, parce qu’elle voit rouler à tombeau ouvert les dernières créations des constructeurs les plus exclusifs du monde, de Ferrari à Maserati en passant par Dallara et Pagani. Les pilotes d’essai de chacune de ces marques s’y donnent rendez-vous chaque fois que l’on veut savoir si un nouveau modèle répond aux attentes de la clientèle. Dans le cas de Maserati, les voitures dorénavant construites par Ferrari atteignent le même niveau de qualité que leurs cousines de Maranello.

maseratiquebec.com

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Henri Vezina