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Ligne Roset, une belle tradition

Commençons par nous donner un petit vertige avec une orgie de chiffres. Ligne Roset, c’est une histoire familiale qui dure depuis plus de 150 ans. C’est aussi la collaboration de plus de 70 créateurs de partout à travers le monde, débutants ou stars confirmées. La marque comprend cinq sites industriels qui totalisent près de 120 000 m2. C’est grand comment, ça ? Deux fois la surface des salles d’exposition du Grand Louvre ! Dans ces vastes espaces, on y fait tout : tapisserie, couture, menuiserie, coupe des cuirs et des tissus, conception, réalisation et commercialisation de produits (luminaires, tapis, accessoires de décoration, mobilier), sans compter les activités de siège social. Aussi bien dire que tous les aspects sont concentrés en territoire français, dans le département de l’Ain – à Briord précisément –, à l’est de Lyon. Voilà un premier élément à retenir de cette société qui a fait le pari de s’installer à demeure dans le lieu qui l’a vu naître et lui rappelle ses devoirs d’écocitoyenne. En clair, le respect de l’environnement et le bien-être de ses employés.

Symbole d’une élégance de vie à la française, Ligne Roset commence modestement avec Antoine Roset, né en 1841, qui fabriquera d’abord des cannes d’ombrelle à 19 ans. Parfois cruelles, les modes disparaissent pour être remplacées par d’autres : quand les dames abandonnent les ombrelles, Antoine doit se recycler… dans les chaises ! Le créneau est trouvé et la descendance suivra le plan. Après sa mort, sa femme assurera la continuité de l’entreprise, qui s’appelle alors Établissements Veuve A. Roset. Ensuite, Émile prendra le relais, puis Jean, jusqu’aux dirigeants actuels : Pierre et Michel. Une telle pérennité familiale aide à la cohésion de la vision d’entreprise. Quand l’ADN de la société est exactement le même que celui de la famille dirigeante, la symbiose porte le projet haut et loin.

L’une des caractéristiques fondamentales de Ligne Roset, c’est l’importance qu’elle accorde au design et aux designers. Après la Seconde Guerre mondiale, la société faisait son pain et son beurre du marché des collectivités (écoles, hôpitaux, etc.). La donne a changé au début des années 1970, quand Jean Roset a vu l’intérêt de se réorienter du côté de la clientèle privée, compte tenu de l’effervescence sociale qui appelait à des changements dans tous les domaines. C’est alors qu’il commence à travailler avec le designer Michel Ducaroy. Celui-ci donnera à l’entreprise une flopée de modèles qui obtiendront beaucoup de succès. Le siège-coussin Togo, par exemple, se vendra à plus de 1,2 million d’unités ! Créé en 1973, ce fauteuil aux courbes enveloppantes est réédité depuis et se vend encore comme de petits pains chauds. Ducaroy ne sera pas le seul à signer des meubles à succès pour la famille Roset : Pierre Paulin en dessinera plusieurs qui seront aussi repris au fil du temps, signe d’un design de qualité. Un peu plus tard, cette propension à faire confiance aux designers se confirmera avec l’arrivée de nouveaux noms, comme Didier Gomez (maître ès canapés), Pascal Mourgue (qui créera plusieurs sièges devenus classiques) et Peter Maly (qui a été l’un des premiers à réinventer le lit). Encore aujourd’hui, Ligne Roset s’appuie sur des designers de talent de nouvelle génération, comme Inga Sempé, Noé Duchaufour-Lawrance et les frères Ronan et Erwan Bouroullec. Le fabricant éditeur de meubles n’hésite pas non plus à faire appel à des jeunes moins connus pour assurer la relève. Tout cet aspect design est fondamental dans le modus operandi de la société : « L’investissement sur la création sera la première intuition qui mènera l’entreprise au succès », affirme Ligne Roset. Et cela a conduit à l’obtention de nombreux prix et distinctions, dont les Labels VIA, Red Dot Award et Good Design, pour n’en nommer que quelques-uns. Pas étonnant que la marque soit maintenant présente dans environ 70 pays et que 60 % du chiffre d’affaires se fasse à l’international.

Ce qui est remarquable avec Ligne Roset, c’est qu’on a su évoluer d’un point de vue technologique tout en conservant ce qui est le plus viscéral : le travail fait main. Dans les usines, toute une série d’artisans s’affairent à fabriquer les meubles. Il y a une part d’automatisation bien sûr, mais le savoir–faire est transmis aux nouveaux travailleurs en leur faisant suivre une formation de plusieurs mois. Car il faut beaucoup d’amour du métier et de dextérité pour arriver à assembler tous les composants d’un canapé, par exemple. Ce mélange entre modernité et tradition fait la force de Ligne Roset, qui sait par ailleurs humer l’air du temps et offrir aux consommateurs des produits auxquels ils s’identifient complètement. Cette affinité avec les clients remonte peut-être à 1973, à la « refondation » de la société, qui a alors pris le nom de Ligne Roset. Bref, l’époque où l’on a voulu créer une marque forte avec un réseau de distribution à son enseigne. Une sorte d’intégration verticale où besoins, envies, création, design et savoir-faire se conjuguent et se fondent. Le choix du mot « Ligne » dans la raison sociale n’est assurément pas fortuit.

ligne-roset.com et maisoncorbeil.com

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Roche Bobois