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Rencontre avec un passionné de bolides

POUR BIEN DES PETITS GARÇONS – ET PLUSIEURS GRANDES PERSONNES –, IL OCCUPE LE JOB DE RÊVE : PRÉSIDENT DE LA MARQUE FERRARI AU QUÉBEC. EN ENTREVUE À MIXTE MAGAZINE, UMBERTO BONFA ÉVOQUE LES DÉBUTS DE SA PASSION POUR L’AUTOMOBILE ET PARLE DE L’ESSOR IMPRESSIONNANT DU FLEURON ITALIEN À MONTRÉAL CES DERNIÈRES ANNÉES.

Umberto Bonfa s’en souvient comme si c’était hier. C’était en 1976 et il avait cinq ans. Son oncle est arrivé devant la maison familiale de Montréal-Nord au volant d’une Trans-Am flambant neuve. Une balade dans le rutilant coupé a suffi pour éveiller une ardente passion pour l’automobile. « Je me suis mis à dessiner des voitures. Dans le moindre dessin que je faisais – qu’il s’agisse d’une ferme ou d’une maison, il y avait toujours une voiture. »

Quatre décennies plus tard, le président de Ferrari Maserati Québec n’a rien perdu de son amour des bolides. Bien au contraire. Pendant une visite de la somptueuse salle d’exposition du groupe, boulevard Jean-Talon à Montréal, Umberto Bonfa est intarissable sur les caractéristiques des plus récents modèles du constructeur italien. Il parle avec enthousiasme des possibilités infinies de personnalisation, des couleurs vintage de carrosserie ou encore de la valeur de revente élevée – voire sidérante pour le commun des mortels – des Ferrari.

Il faut dire que sa passion pour l’automobile, surtout pour la célèbre marque de Maranello, n’a pas quitté le quotidien d’Umberto Bonfa depuis son premier coup de foudre à l’âge de cinq ans. Son père, officier de l’immigration, sa mère, coiffeuse et le jeune Umberto ne rataient jamais une course de F1. « Ma passion pour Ferrari a toujours été là. La ballade en Trans-Am a peut-être été l’étincelle, le début de mon histoire avec l’automobile, mais le fait d’avoir grandi dans une famille italienne a directement à voir avec mon amour pour la F1 à Montréal. »

Dès qu’il a atteint l’âge de conduire, Umberto Bonfa s’est procuré sa première monture : une Pontiac Firebird 1979. La première d’une longue série d’engins à la mécanique musclée. « Après mes études, j’avais toujours un jouet, une voiture pas très chère mais toujours propre et que je soignais, évoque-t-il avec le sourire. Je les mettais belles, je les revendais avec 500 ou 1000 $ de profit, puis j’achetais quelque chose de mieux. Je faisais aussi un peu de course automobile à Napierville. »

LE DÉBUT D’UNE AVENTURE

C’est pendant ces courses, tout juste entré dans l’âge adulte, qu’Umberto Bonfa commence à se faire connaître dans le circuit automobile canadien. Il est à peine sorti du collège lorsqu’il reçoit un coup de fil inattendu de la part d’un passionné de haute performance. À sa grande surprise, on lui offre… un emploi !

Pendant neuf ans, il gravit les échelons chez SLP Engineering, qui conçoit des versions musclées des Camaro et Firebird, à l’époque fabriquées à Boisbriand. Il est responsable du marketing à l’échelle du Canada lorsqu’il fait le saut chez Saleen, l’entreprise qui a notamment conçu une version survitaminée de la Ford Mustang.

En 2005, nouveau coup de fil, encore plus inattendu que celui qui a lancé sa carrière. Le président de Ferrari Québec demande à le rencontrer le jour même dans la salle d’exposition du groupe. Umberto Bonfa, qui est alors à mi-chemin entre Toronto et Montréal au volant d’une Mustang Saleen jaune vif, insiste pour aller border ses deux bébés à la maison avant de rencontrer le dirigeant de Ferrari, plus tard ce soir-là. « Il m’a fait une offre que je ne pouvais refuser », résume-t-il.

LE 1 % MONTRÉALAIS

Arrivé comme directeur général du concessionnaire, Umberto Bonfa devient en 2008 le président de Ferrari Maserati Québec. Sous sa gouverne, le groupe inaugure de nouveaux locaux ultramodernes – et quatre fois plus grands que les anciens –, rue Jean-Talon, non loin de l’autoroute Décarie. La devise, toujours, reste la même : « Ici, on ne vend pas, on représente la marque. »

Ferrari demeure encore aujourd’hui l’une des marques les plus prestigieuses de la planète. La concession montréalaise ne fait pas exception. « On fait affaire avec le 1% de Montréal qui est en mesure de se procurer une voiture neuve à 400 000 $, souligne M. Bonfa. Cela dit, quelle est la chose la plus importante pour nous ? C’est d’établir une relation honnête et intègre avec les clients. En fait, ils entrent en tant que clients la première fois, mais ils deviennent des amis. »

Plusieurs parmi les propriétaires québécois de Ferrari possèdent deux, trois ou même quatre modèles. Et ils attendent avec excitation la venue des prochaines versions, pour lesquelles ils doivent s’inscrire sur une liste et patienter parfois jusqu’à deux ans.

VENTES EN HAUSSE

Même si Ferrari vise clairement une minuscule frange de la population, les ventes affichent une progression constante au Québec. En 1999, lorsqu’il a été racheté par la famille Stroll, le concessionnaire montréalais vendait une dizaine de véhicules par année, rappelle Umberto Bonfa. Sans divulguer de chiffres précis, il confirme que Ferrari Québec vend aujourd’hui une quarantaine de bolides neufs tous les ans, et autant de véhicules d’occasion entretenus avec un soin maniaque par les mécanos du groupe.

Umberto Bonfa en profite pour souligner l’apport de la famille Stroll de Montréal dans l’univers automobile québécois, famille qui est aussi propriétaire de la piste de course de Mont-Tremblant.

« Cette piste de course est reconnue mondialement, dit-il. Michael Schumacher l’adorait. Nous avons aussi de nombreux pilotes internationaux de F1 qui, dans la plus grande discrétion, viennent s’amuser avec leurs joujous à Mont-Tremblant. Ça rapporte aussi à la ville de Mont-Tremblant. Quand le propriétaire d’une GTO 1962 valant 52 millions de dollars vient rouler sur une piste de Saint-Jovite, les hôtels en bénéficient parce qu’il s’amène avec famille, valets, nounous et mécaniciens… »

Umberto Bonfa conclut notre rencontre en me faisant visiter l’atelier mécanique immaculé de Ferrari-Maserati, où sont entreposés des dizaines de véhicules valant plusieurs millions de dollars. La passion des voitures de haute performance promet de se perpétuer auprès de ses deux garçons, âgés de 13 et 16 ans. « Ils ont la piqûre, c’est clair. »

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