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De coeur et d’immobilier – Natalie Voland

SON GROUPE A CONVERTI D’IMMENSES ÉDIFICES INDUSTRIELS EN BUREAUX BRANCHÉS. TRANSFORMÉ UNE ÉGLISE DÉSAFFECTÉE EN HAUT LIEU GASTRONOMIQUE. ET VOILÀ QUE NATALIE VOLAND, PRÉSIDENTE DE QUO VADIS, S’APPRÊTE À LANCER UN CONCEPT IMMOBILIER INÉDIT DANS LE SUD-OUEST DE MONTRÉAL. RENCONTRE AVEC UNE ENTREPRENEURE QUI A TOUJOURS PLACÉ LE DÉVELOPPEMENT SOCIAL AU COEUR DE SON MODÈLE D’AFFAIRES.

Plafonds de 18 pieds, murs de briques exposés, immenses fenêtres antiques qui offrent une vue spectaculaire du centre-ville de Montréal : le bureau de Natalie Voland ferait pâlir d’envie bien des chefs d’entreprise. À cette exception près : on y entend à intervalles réguliers de vigoureux pépiements… gracieuseté d’une famille d’oiseaux installée dans le climatiseur !

« Ce sont mes petits bébés qui ont fait leur maison là il y a trois ans; je n’ai pas utilisé l’air climatisé depuis », dit en rigolant la présidente de Gestion immobilière Quo Vadis inc. lors d’une rencontre autour d’un plat de pâtes préparé par son adjointe, dans le sud-ouest de la métropole.

Cette anecdote illustre bien la personnalité de Natalie Voland, qui brasse depuis plus de 20 ans des affaires immobilières toujours empreintes d’une touche d’humanité. Car rien ne laissait présager que la travailleuse sociale diplômée de McGill se retrouverait un jour à la tête d’une boîte qui gère 1,5 millions de pieds carrés de bureaux à Montréal.

Fille d’un urbaniste du nord-est de l’Allemagne, Natalie Voland immigre à Montréal avec sa famille à l’âge de cinq ans. Elle est bien installée dans une carrière communautaire au début des années 90, au YMCA puis à l’Hôpital général de Montréal, lorsque l’imprévu frappe : son père, propriétaire d’un parc immobilier, reçoit un diagnostic de Parkinson. Il propose à sa fille de reprendre le flambeau de l’entreprise familiale. La jeune femme accepte pour une période d’essai d’un an.

« C’était difficile comme femme, de surcroît anglophone, jeune et fille du propriétaire, reconnaît aujourd’hui Mme Voland. J’avais plusieurs défis à surmonter. »

REDONNER VIE AU PATRIMOINE

Vingt ans et des poussières plus tard, Natalie Voland ne regrette absolument pas d’avoir accepté l’offre de son père, Eginhard, qui lui prodigue encore des conseils stratégiques. Quo Vadis compte aujourd’hui 35 employés et un vaste portefeuille immobilier d’espaces de bureaux dans des immeubles patrimoniaux. Le Complexe Dompark, où nous avons rencontré la femme de 45 ans, s’étend sur un demi-million de pieds carrés et regroupe 120 locataires, surtout des PME. Un peu plus loin, toujours dans le sudouest de la métropole, le Complexe Canal Lachine dénombre près de 250 locataires.

L’entreprise a aussi inauguré récemment le Salon 1861, dans le quartier Petite-Bourgogne, en transformant une ancienne église des Sulpiciens en espace de travail partagé. L’édifice abrite également une somptueuse salle de réception et le restaurant Candide, qui s’est illustré auprès de plusieurs critiques gastronomiques.

Dans tous ces projets, la ligne directrice est toujours restée la même : protéger – et améliorer – le patrimoine bâti. « On ne voit pas le développement durable comme une façon de faire le marketing de nos projets ou pour bien paraître dans nos pamphlets publicitaires, dit Mme Voland. On évalue toujours le potentiel de réutilisation de l’édifice. Sinon, on se demande si on peut améliorer les choses par rapport à ce qui était là avant. J’ai deux filles et j’aimerais faire mieux pour elles. On ne pense pas seulement aux profits, mais aussi à bonifier la société. »

lofts-mtl.com

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YUL