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L’esprit des lieux

Le Studio Luminaire

AMÉNAGÉ DANS L’ÉDIFICE WESTMOUNT SQUARE, CLASSÉ AU PATRIMOINE HISTORIQUE, L’INTÉRIEUR DE CE CONDO A ÉTÉ ENTIÈREMENT REMODELÉ TOUT EN CONSERVANT L’IDENTITÉ ORIGINELLE DU LIEU. HISTOIRE D’UN UNIVERS SUR FOND NOIR CONÇU PAR LES DESIGNERS ALAIN DESGAGNÉ ET GERVAIS FORTIN.

Inauguré en 1967, le Carré Westmount a été imaginé par l’architecte allemand Ludwig Mies van der Rohe. Les trois tours du Carré se distinguent par un revêtement d’aluminium anodisé noir et des fenêtres panoramiques. Cet ensemble atypique est toujours considéré comme un atout du développement urbain de la ville de Montréal. Il regroupe des appartements et des boutiques haut de gamme, ainsi que des services de santé et de beauté. « Notre client y a acheté un appartement de deux mille pieds carrés. On l’a vidé au complet pour être sur le béton », explique Gervais Fortin. « Ludwig Mies van der Rohe a établi de grandes règles architecturales à l’échelle internationale, et il était essentiel de les respecter, de remettre en lumière l’oeuvre de l’architecte », ajoute Alain Desgagné. Les designers ont fait de belles découvertes en dénudant les pièces, notamment le plafond à caissons qu’ils ont restauré en réalisant des moules à l’identique. Cette empreinte du passé mise à jour témoigne du caractère fort du lieu.

L’omniprésence du noir à l’intérieur fait écho au revêtement extérieur du bâtiment. Cette teinte tantôt mate, tantôt brillante habille le condo du sol au plafond, y compris les modules de rangement, qui font office de cloison. Les portes en miroir de ces derniers reflètent la lumière et donnent un effet d’immensité. Le fini satiné du plancher de porcelaine gris foncé et de la table de salle à manger charbon contraste avec le lustre des portes d’armoires et apaise l’oeil. Dans cet intérieur noble et épuré où la fantaisie n’a pas sa place, les tableaux et le lustre s’imposent remarquablement. Quant au mobilier, ses lignes fluides et contemporaines s’inspirent de celles des années 1970.

« Alain Desgagné et Gervais Fortin ont su respecter l’architecture extérieure en la transposant à l’intérieur »

Dans ce concept, les espaces ne devaient pas être subdivisés. « La cuisine a été pensée en ce sens. Elle se fond avec le reste en communiquant une impression de mobilier intégré », dit Alain Desgagné. L’absence de poignées, les façades en laque satinée anthracite, les comptoirs et le dosseret en granit dépoli contribuent à cette homogénéité.

Le plafond à caissons joue les fils conducteurs dans la chambre, dont la surface semble doublée grâce aux portes en miroir. Ici comme partout ailleurs dans l’appartement, des luminaires encastrés magnifient l’espace sans l’encombrer. « L’éclairage est essentiel dans un environnement noir », précise Gervais Fortin, qui a placé des bandeaux à DEL à des endroits stratégiques, comme l’arrière des rideaux.

« Alain Desgagné et Gervais Fortin ont su respecter l’architecture extérieure en la transposant à l’intérieur », souligne le propriétaire, qui a d’emblée été fasciné par l’aspect toujours avant-gardiste de cet édifice pourtant érigé il y a un demi-siècle. « Ils ont osé des teintes sombres, mais ont joué avec l’éclairage et l’effet miroir pour refléter la vue. L’atmosphère y est très agréable; c’est un repos total quand on entre », conclut-il, en spécifiant que l’emplacement centralisé de l’immeuble est également un atout indéniable dans la métropole.


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Roche Bobois