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Joey Saputo – Un très grand montréalais

Groupe Beauchamp

DANS LA LISTE DE L’ACADÉMIE DES GRANDS MONTRÉALAIS, ON APERÇOIT DES NOMS COMME CEUX DE PHYLLIS LAMBERT, PIERRE DANSEREAU, JEAN DRAPEAU, ARMAND FRAPPIER, CHARLES BRONFMAN, ETC. UN AUTRE INDIVIDU RISQUE ÉVENTUELLEMENT DE S’Y RETROUVER TANT IL FAIT OEUVRE DE MISSIONNAIRE DANS LA COMMUNAUTÉ MONTRÉALAISE ET QUÉBÉCOISE : JOEY SAPUTO.

Le propriétaire de l’Impact a investi plus de 100 millions de dollars pour la concession et les infrastructures depuis 2012 seulement. Il se révèle un promoteur extraordinaire du soccer, non seulement au niveau professionnel avec la MLS, mais également à la base. L’Académie, un bijou, permet d’identifier l’élite de demain et offre à près de 80 jeunes un programme sport-études totalement gratuit.

Un Grand Montréalais… Vous croyez que j’exagère ? Combien de gens d’affaires d’ici ou d’entreprises québécoises ont investi une telle somme pour offrir à Montréal une concession de sport professionnel en érigeant un stade presque entièrement à leurs frais ? Combien ont contribué au développement du soccer amateur – donc à faire bouger tant d’enfants en ces temps où les statistiques de sédentarité sont alarmantes ? Rénové au coût de 16 millions de dollars additionnels une caserne de pompiers vétuste et deux terrains de soccer qui profitent en partie à l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve ?

La fortune de l’empire Saputo est colossale ? Soit. Mais combien d’entreprises richissimes pouvez-vous nommer qui investissent autant dans la communauté ? « Ma famille a toujours été reconnaissante de son succès, qui s’est bâti ici, souligne le propriétaire de l’Impact. Alors nous avions à coeur de redonner à la communauté. Mais je ne suis pas un mécène, parce que chaque décision est mûrie. »

Voilà un individu chaleureux, attentif à autrui, généreux. Il peut s’offrir des Lamborghini, des Ferrari ou des Bentley, mais ce n’est pas vraiment une priorité pour lui. Ses grands plaisirs s’avèrent fort simples. « Mon bonheur, c’est de bouger avec mes enfants et mon épouse. On dispute des matchs de hockey tous les vendredis et ce sont des moments précieux pour moi. On fait aussi du ski. »

C’est justement en parlant d’eux que Joey Saputo affiche véritablement ses couleurs, ses valeurs. « Cette énergie si intense que je déploie pour l’Impact, c’est pour leur montrer que même lorsque nous sommes privilégiés dans la vie, il faut avoir des passions, s’y consacrer et avoir envie de laisser personnellement sa marque. »

    Roche Bobois

Patient pour combien de temps encore ? Malgré les millions investis dans le club, le seuil de rentabilité n’est toujours pas atteint. Lors d’une conférence devant le Cercle canadien, en janvier 2017, il a indiqué qu’il voulait y parvenir dans le prochain cycle de cinq ans.

« Je ne vais pas accepter de perdre des dollars toute ma vie. Mais je suis fier de démontrer à l’Amérique et au monde ce dont Montréal est capable. » C’est ici que pointe une certaine déception. « Cependant, j’aimerais sentir que tous, collectivement, nous sommes animés par cette même fierté. Les Montréalais ont beaucoup déploré le départ des Expos une fois qu’ils ont été partis. Je souhaite ressentir en ville davantage d’attachement pour l’Impact. Nous avons prouvé depuis le début qu’on fait les choses avec sérieux et avec classe. »

« Puisque nous n’avons pas réclamé à hauts cris à la Ville, aux gouvernements et à la communauté des affaires de contribuer largement au financement, on semble se dire que les Saputo n’ont besoin de personne. La réalité, c’est que j’apprécierais que ça devienne un projet collectif. » Joey Saputo tient à préciser : « Nous sommes de grands garçons et nous savions dans quoi nous nous embarquions. Mais je crois que les Montréalais et les gens d’affaires devraient s’approprier l’Impact. »

Cette reconnaissance, il l’a tout de suite obtenue lorsqu’il s’est porté acquéreur du club italien Bologne FC, il y a trois ans. « Dès qu’on a acheté le club là-bas et qu’on a promis de redonner ses lettres de noblesse à l’organisation, la vente d’abonnements de saison a grimpé en flèche et les entreprises ont insisté pour s’associer à nous. »

Il faut avoir des passions, s’y consacrer et avoir envie de laisser personnellement sa marque.

    Henri Vezina

Le propriétaire ajoute : « À Montréal, on veut absolument des formations gagnantes, sinon on les boude. À Bologne et à bien d’autres endroits, on demande plutôt aux organisations de démontrer leur motivation à présenter la meilleure équipe possible et à offrir un spectacle de qualité. » Mieux appuyer la concession… Le message est clair et poli, et n’a rien d’un ultimatum.

Il faut prendre note que le paysage change dans la Major League Soccer. Saputo a déboursé 40 millions de dollars pour faire entrer Montréal en MLS. Avec l’expansion en cours, on passera de 24 à 28 formations, et le coût est maintenant de 150 M$. Une douzaine de villes ont déposé une offre concrète. À la fin de l’exercice, huit villes seront déçues et certaines choisiront de se tourner vers des organisations existantes pour les acheter et les déménager. Le calcul est facile : on sera prêt à débourser entre 150 et 200 M$.

Une rumeur me tracassait. La notion d’appui de la communauté m’a incité à interroger le propriétaire de l’Impact à ce sujet. Est-il vrai que vous avez déboursé pour la concession, érigé le stade à vos frais (sauf pour 23 M$ provenant de Québec) sur les terrains de la RIO, qui a congé de taxes, et qu’une fois le stade achevé, la Ville de Montréal est venue vous réclamer deux millions annuellement ? « Nous en avons en effet discuté avec l’ex-maire Denis Coderre », mentionne Joey Saputo.

Est-il vrai qu’on exige aussi de vous des taxes pour l’ancien poste de pompiers abandonné que vous avez rénové à vos frais et dont les terrains servent en partie aux jeunes du quartier Hochelaga-Maisonneuve ? « Écoutez, on va tenter de trouver des solutions sans devoir se lancer dans des négociations sur la place publique », ajoute-il.

Devant la réalité de franchises de la MLS dont la valeur va bondir avec des villes qui, dans bien des cas, offriront leur stade clé en main, on peut aisément comprendre que la générosité pourrait avoir des limites. « Le prix moyen de nos billets est parmi les plus bas de toute la ligue, et les sommes récoltées par les partenariats sont les moins élevées parmi toutes les équipes. Alors, j’ai la conviction que tous ensemble, on peut en faire plus, fait valoir Joey Saputo. J’aime tellement ma ville. Je ne peux pas croire qu’on ne peut pas réussir autant que Kansas City, Seattle, Portland ou Toronto. » Aucun doute : Joey Saputo est un grand Montréalais ! Souhaitons que sa patience et sa fierté soient récompensées.


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