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Ça va de soi, l’art de sublimer les matières

Il enveloppe les femmes des plus nobles matières pour les rendre élégantes. Il a misé toute sa vie sur les plus beaux cachemires et mérinos afin de fournir confort et style. Rencontre avec Antoine Nasri, co-fondateur avec son épouse Odile Bougain Nasri, des boutiques ça va de soi.

Homme d’affaires infatigable, il enjambe les fuseaux horaires pour négocier avec les plus grands filateurs du monde, afin d’offrir un produit fini qui comblera les clientes de ses boutiques. Passionné des matières brutes, Antoine Nasri est à la tête des magasins ça va de soi. En incluant l’ouverture d’une nouvelle boutique cet automne sur l’avenue Greene, à Westmount, on trouve cinq adresses au Canada et une version en ligne. De plus, des équipes sont réparties entre l’Italie, la France, le Canada et Hong Kong. Les affaires vont plutôt bien, non ? « Vous savez, il faut constamment se renouveler et offrir de la variété. Nous allons prochainement élargir la gamme pour homme, et développer davantage d’accessoires et d’autres pièces fonctionnelles comme les chemisiers. Mais notre principe demeure le travail sur la matière noble », mentionnait Antoine Nasri lors de notre entretien à Montréal. À cela s’ajoute le savoir-faire qu’il cultive depuis plus de 40 ans. « Nos vêtements sont inépuisables et intemporels. Ils n’ont pas d’âge et ne sont pas tributaires des saisons », précise-t-il. Pas de froufrous, pas de décoration; il a misé toute sa vie sur les matières brutes. « Ce sont des pièces qui habillent tout en laissant à ceux qui les portent le soin de déterminer leur style », explique-t-il.

Il a beau passer la majeure partie de son temps entre deux avions pour rencontrer les maîtres fileurs les plus réputés et regagner son bureau chef à Montréal, Antoine Nasri est toutefois bien au courant de ce qui se passe dans sa boutique, ça va de soi, avenue Laurier, à Outremont. Le concept : proposer des tricots de grande qualité, des cachemires luxueux et des styles qui font fi du temps qui passe. « Mes parents avaient eux-mêmes développé ce rêve et ces idées au cours de leurs voyages en Europe, surtout à Paris et Milan. L’atteinte de cet objectif a donc été un long processus. » L’investissement en valait le coup, car depuis le début, Antoine Nasri et sa femme Odile jouent sur des matières naturelles dans des couleurs raffinées. L’histoire remonte aux années 70, lorsque le jeune Syrien débarque à Montréal. Inspiré par le cinéma italien de Fellini et l’époque de Jane Birkin, il lance une collection qui propose un style avant-gardiste et une attitude sociale. En 1972, l’apogée du prêt-à-porter, les femmes ont envie d’avoir de beaux vêtements et de suivre les courants de la mode. Antoine saisit la tendance et lance sa première collection de tricots en 1978. Suivront d’autres collections qu’il raffine d’année en année. Comment procède-t-il ? « Je débute par la matière; c’est elle qui orchestre le style. Puis, vient la couleur et ensuite la forme. » Ce mariage d’amour entre matières nobles et styles prend vie en Italie, où il part à la recherche des meilleures fibres italiennes. Les cachemires sont soigneusement choisis, la laine mérinos passée à la loupe et le coton égyptien traité avec soin. Une fois le choix fait, il faut ensuite travailler avec les meilleurs maîtres filateurs. Antoine Nasri s’est donc associé avec des professionnels réputés dans le monde entier – tous à la fine pointe de la technologie – afin de travailler les matières avec passion et savoir-faire. Comment décrire le style de Ça va de soi ? « Des classiques revisités, répond-il. En tenant compte des tendances, le design ça va de soi doit toutefois être très esthétique. Avant de lancer une collection, nous traversons environ 7 000 étapes de recherche ! »

Ça va de soi, c’est aussi une histoire de famille qui n’a cessé d’évoluer à travers l’amour du métier et la recherche de la qualité. La famille au complet dirige l’entreprise. Au fil des ans, ce « sur-mesure » leur a permis de se distinguer. La clé de leur succès passe par le souci de la perfection, histoire de donner corps et élégance à cette matière traitée avec tout le soin qu’elle mérite.

Nos vêtements son tinépuisables et intemporels. Ils n’ont pas d’âge et ne sont pas tributaires des saisons.»

Ça va de soi, l’art de sublimer les matières – e-mag

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