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FEMMES

Inspirantes, engageantes, ces cinq femmes entreprenantes carburent au défi et ont ainsi gravi des échelons quasi inatteignables. Leur réussite, elles la doivent à leur énergie indéfectible, à leur détermination et à leur passion de tous les instants. Et malgré leur domaine et leur parcours très distincts, leur succès repose sur des bases similaires. Pour elles, pas question de se reposer sur leurs lauriers ; elles ont toutes des rêves plein la tête.

 

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Johanne Bourque

Johanne Bourque est beaucoup moins timide et discrète qu’elle ne le voudrait mais elle assume pleinement son énergie débordante. Cette habituée aux courtes nuits, est enjouée, décidée et sûre d’elle lorsqu’on lui parle business.

Son histoire d’amour avec les meubles de jardin débute en 1956, lorsque son père offre un petit commerce à sa mère. Ainsi est né Patio Rama Bourque. C’est à cette époque que Johanne s’initie aux affaires : «Je suivais ma mère partout. Majeunesse est marquée par ma mère vendant des meubles de jardin.» Depuis, elle exprime sa sensibilité et son flair pour le design, en offrant des produits de qualité irréprochable, au look impeccable et exclusif.

En 1977 Johanne achète avec sa soeur le commerce de son père. Déjà à 17 ans, la jeune femme sait qu’elle possède la fibre entrepreneuriale. Enfant, elle donnait son opinion sur tout. Ses parents l’écoutant, elle a acquis une confiance qui s’est avérée essentielle pendant toute sa vie. Ayant l’aval de son père, elle crée un premier catalogue, distribué à 100 000 exemplaires… «C’est comme ça qu’on s’est fait connaître… le magasin s’est rempli.» Au fil des années, nous sommes devenus Jardin de Ville, où tout est fait sur mesure.» Visionnaire, elle a abandonné la résine de synthèse lorsque celle-ci fait son apparition chez les pisciniers. «Je suis allée à Chicago et j’ai acheté toutes sortes de produits, entre autres en aluminium forgé. J’ai fait faire mes propres designs. On a alors lancé de nouvelles tendances et complètement modifié l’évolution du meuble de jardin au Québec.» Véritable globe-trotter, Johanne voyage afin de dénicher des trouvailles pour ses magasins et étonner sa clientèle. Elle combine le plaisir de vivre et de découvrir !

Qu’est-ce qui alimente cette PDG passionnée ? Sa quête de distinction, sa volonté de briser les codes de références et certainement sa persévérance, une composante qu’elle juge fondamentale. «Lorsque je me réveille, j’ai toujours envie de me réinventer. À la fin de la journée, je suis toujours heureuse de ce que j’ai accompli.» Ce qui la nourrit le plus, c’est le plaisir de travailler avec des gens qu’elle aime. «Je ne pourrai jamais être assez reconnaissante envers ma soeur Marcelle, qui est une complice extraordinaire.» Famille est un mot qui revient constamment dans les propos de Johanne et un élément essentiel de son succès et de sa plénitude. Elle a toujours voulu avoir des enfants. «Plus jeune, j’avais l’impression que je n’aurais jamais le temps d’avoir des enfants.» Elle a fini par trouver ce temps. Le secret, dit-elle, est de savoir bien s’entourer. «J’ai un conjoint extraordinaire. On se complète : il est cartésien et je suis émotive, instinctive et fonceuse, une combinaison gagnante !»

Créatrice de tendance depuis des années au Québec, Johanne Bourque est devenue ici une véritable figure de proue du design. Aujourd’hui, son succès dépasse toutes ses ambitions. Elle est profondément heureuse que ses clients soient fiers de mentionner qu’ils possèdent du Jardin de Ville. Avec ses six magasins et son sourire malicieux, elle s’est taillée une place parmi les grands joueurs du marché. Elle fait rêver les plus grands adeptes de luxe et elle a définitivement inscrit son nom sur la liste des personnes influentes !

jardin de ville, jardindeville.com


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Brigitte Giasson

Brigitte Giasson construit des intérieurs d’avion pour la jet-society. Un métier inusité trouvé par hasard : «J’étais attirée par les arts et par les sciences. Tout naturellement, je regardais du côté de l’architecture mais, en cours de route, j’ai découvert le design industriel.» Diplôme en poche, elle entre chez Innotech Aviation, chef de file mondial dans le domaine de la remise à neuf d’avions d’affaires. Son talent et son dynamisme lui permettent de gravir les échelons de l’entreprise… ce qui ne l’empêche pas de vouloir voler de ses propres ailes. «Je viens d’une famille d’entrepreneurs et j’ai toujours voulu avoir ma business. Même si, curieusement, les gens autour de moi me décourageaient, j’étais convaincue que j’allais réussir.» Persuadés de son talent, ses anciens patrons lui confient ses premiers contrats et Giasson Design prend ainsi son envol.

Pour lancer une entreprise, elle soutient qu’il faut d’abord et avant tout être visionnaire et savoir ce qu’on veut. «Personne n’est là pour nous pousser, il faut pouvoir se motiver soi-même et se projeter dans l’avenir.» Au début de sa carrière, elle possédait la seule firme du genre au Canada. Son succès a fait bien sûr des envieux et généré des concurrents. Pour ne pas polluer son esprit, elle évite de considérer ce que font ceux-ci. Mais force est de constater, dit-elle, que les périodes moins fastes en contrats sont plus difficiles lorsqu’on n’est plus seule sur les rangs. L’industrie apporte aussi son lot de défis. Pour des questions de profitabilité, les avionneurs tentent de plus en plus de standardiser leurs modèles et opposent une farouche résistance à cette femme dont le rôle est justement de personnaliser les appareils. Face à ces vents contraires, elle garde le cap. «Je comprends les besoins des gens. Je m’investis dans tous les projets comme s’ils m’étaient destinés et je traite mes clients comme je voudrais qu’on me traite.» Sa grande fierté : une clientèle qui lui est fidèle, et une nouvelle, portée par le bouche-à-oreille élogieux.

Elle adore ce travail qui demande de la patience et un incroyable sens du détail. «J’ai toujours un petit pincement au coeur au moment de la livraison.» Elle aime moins par contre les stéréotypes qui prévalent toujours dans l’industrie; comme le boy’s club, qui accepte les femmes en autant que leur envergure ne dépasse pas celle des hommes, et cette manie qu’ont les Québécois de confier leurs projets à des concepteurs venus d’ailleurs. Pour réussir, il faut aussi être super organisée. Dans ce secteur, elle peut compter sur son équipe, sur son conjoint et sur une nounou exceptionnelle. Si elle arrive heureusement à s’accorder un peu de temps, elle avoue qu’elle aimerait en avoir plus pour ses amies. Impossible de penser retraite puisqu’elle a des contrats jusqu’en 2017 et, qu’à 50 ans, elle saisit encore les défis à bras le corps. Mais un jour peut-être pourra-t-elle assouvir ses envies de sculpture, de lecture, de golf et de voyage.

giasson design, giassondesign.com


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Caroline Biron

Son grand-père était avocat ainsi que trois autres membres de sa famille. Se dirigeant tout d’abord vers l’architecture, c’est à l’université que Caroline Biron réalise que le droit est sa véritable passion; elle est séduite par son caractère cartésien et analytique. Elle choisit comme spécialité le litige, découvrant rapidement qu’il lui ouvre une fenêtre sur le monde, tout en lui offrant l’occasion de satisfaire sa curiosité et d’acquérir une foule de connaissances sur des sujets variés : assurances, finance, construction, industries, télécommunications, aéronautique, immobilier…

Caroline reconnaît qu’elle a été fortement influencée par deux mentors. D’abord, Claude-Armand Sheppard – un homme extraordinaire, un intellectuel et un grand stratège – qui lui fait totalement confiance, lui confie ses premiers mandats et confirme son choix de carrière. Il lui apprend par ailleurs l’importance de prendre le temps de vivre en parallèle à son travail. Plus tard, elle s’associe à James Woods, au sein du cabinet Woods, réputé en litige. Ce juriste exceptionnel, qui n’hésite pas à faire progresser le droit, offre à Caroline un tremplin lui permettant de développer sa carrière et d’être exposée à de grands dossiers nationaux et internationaux.

Les premières années furent difficiles et pleines de compromis. «J’aime ce que je fais, mais il a fallu faire des choix. J’ai eu la chance de pouvoir communiquer mes limites, mais j’étais aussi prête à ce que ma carrière me monopolise pendant certaines périodes, lors des procès entre autres. Ceci étant dit, l’équilibre entre mon travail et ma famille est un combat de tous les instants, mais cet équilibre est essentiel à mon épanouissement personnel et professionnel. » Tout aussi nécessaire, le temps qu’elle s’accorde pour faire du sport et se détendre : «La semaine, je fais du yoga et de la course. Cela me permet de mieux réfléchir et d’être plus efficace. Je lis aussi beaucoup. Je vais au musée, au théâtre, j’assiste à des spectacles et, surtout, je vois des amis. La vie, il faut la vivre au quotidien pour éviter d’être cannibalisé par le travail. Et puis, cette culture générale acquise ici et là m’est aussi utile pour tisser des liens avec mes clients.»

Au fil des années, Caroline a acquis une grande expérience en litige, notamment en ce qui concerne les différends touchant les sociétés, mais aussi leurs actionnaires, et a développé une solide expertise en matière de responsabilité professionnelle. De plus en plus, elle réalise que c’est la relation humaine qui titille véritablement sa fibre d’avocate et les relations qu’elle noue avec ses clients sont au coeur même de ses intérêts. Elle se désole de la perception du public envers les avocats, laquelle n’est pas méritée à son avis, et elle déplore que leurs services ne soient pas plus accessibles. À l’avenir, elle aimerait faire évoluer sa pratique de façon à rester connectée avec les enjeux auxquels la société doit faire face et se concentrer sur des questions qui, au-delà du droit, sont au coeur même des préoccupations des instances décisionnelles telle que l’éthique, et conseiller des dirigeants et des administrateurs dans la façon d’aborder les questions difficiles et les dilemmes qui les accompagnent inévitablement. Elle envisage également siéger éventuellement sur des conseils d’administration.

woods, litigationboutique.com


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Liza Kaufman

Le parcours de Liza Kaufman est loin d’être banal. Née au Pérou, elle a grandi à Toronto, a été éduquée à Los Angeles et à Paris, elle a aussi séjourné en Grèce, ainsi qu’à New York. Avant d’être courtier immobilier agréé et associée fondatrice de Sotheby’s International Realty Québec, Liza Kaufman a oeuvré comme consultante en gestion à Toronto. Elle s’installe ensuite à Los Angeles où elle se trouve unemploi à mi-temps comme coordonnatrice des relations publiques aux Oscars, et elle confirme sa capacité à travailler simultanément sur de multiples projets.

Installée à Montréal depuis 24 ans, Liza décide de suivre une formation de courtier immobilier pour accompagner une copine. Liza a persévéré, contrairement à son amie, même si son intention n’était pas d’en faire son métier… jusqu’à ce qu’un voisin décide de lui confier la vente de sa maison, ce qu’elle a réussi en une semaine. Elle venait de trouver sa voie. Elle travaille d’abord avec une grande bannière de l’immobilier mais la façon de faire ne lui convient pas. Elle décide donc d’ouvrir un bureau affilié au réseau Sotheby’s International Realty. L’entreprise a plusieurs atouts : son approche marketing, son rôle d’avant-plan sur le Web, ses liens étroits avec les plus illustres magazines de décoration. Et surtout sa vision humaniste : chez Sotheby’s International Realty, on croit qu’une maison reflète la valeur de la vie qui s’y trouve.

Comme bien des femmes, Liza débute en travaillant à la maison, surveillant les devoirs et les chaudrons, reconduisant les marmots aux parties de hockey et aux leçons de ballet, tout en faisant les courses. «Plus l’entreprise grandit, plus il faut être une pro de l’organisation et du multitâche. Lancer son entreprise, et réussir, n’est pas une mince affaire. Il faut une vision, de la détermination, être prête à travailler fort, et à considérer que les frustrations sont des occasions de grandir. Il faut aussi – et absolument – aimer ce qu’on fait. Cela augmente nos chances d’être meilleure que les autres. Et cela nous permet de faire passer le travail parfois avant les enfants et nos propres besoins.» Car être femme en affaires est une affaire de compromis. Mais c’est aussi un atout dans un domaine où la résolution de problèmes nécessite un point de vue particulier.

À ses débuts, la marque Sotheby’s International Realty est peu connue au Québec ; Liza Kaufman en deviendra sa promotrice la plus dévouée. Ce qui l’allume dans son rôle de courtier, c’est la possibilité de côtoyer une multitude de gens, de s’insérer en quelque sorte dans leur vie. Lorsqu’elle se projette dans le futur, Liza se voit dans une belle maison perchée à flanc de montagne avec vue sur la mer. Elle rêve du jour où elle aura plus de temps pour étudier, voyager et exploiter ses talents d’artiste par la peinture, la sculpture et la photo de mode. Entretemps, elle exerce sa créativité en présentant de somptueuses demeures sous le meilleur jour possible.

liza kaufman, lizakaufman.com


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Louise Martin

Propriétaire d’une maison d’édition dès l’âge de 22 ans, organisatrice d’événements, diplômée en relations publiques, directrice de magazines, consultante en développement d’affaires, productrice de sites Internet… Louise Martin a bien des cordes à son arc. Mais elle possède surtout de profondes racines dans le monde de la publicité. «J’ai toujours été en publicité. Et j’ai toujours eu plaisir à réunir des gens. Maintenant, ma passion, c’est de présenter des gens les uns aux autres.» Pas étonnant qu’elle se sente comme un poisson dans l’eau avec son entreprise, Le Rezo Québec inc. «Notre but, c’est de créer de nouvelles façons de mettre les gens d’affaires en relation. Le magazine, le site Internet, les conférences et les événements: tout ça sert à faire connaitre les entrepreneurs.»

Supporter, aider, faciliter et générer sont des termes qui reviennent constamment dans les propos de Louise Martin. Ils en disent beaucoup sur sa personnalité. Son plus grand plaisir : réaliser que les gestes qu’elle pose sont profitables. Justement impressionné par ses capacités relationnelles et persuasives, Paul Delage Roberge, qui publiait en 2005 un agenda contenant les coordonnées de ses contacts, fait appel à elle comme consultante. «C’a tellement cliqué qu’il m’a offert un emploi, alors que moi je venais lui vendre des services Internet !» Louise Martin contribue significativement à l’essor du réseau. «Je lui ai proposé de lancer un magazine. Et un an après, je lui ai proposé d’acheter l’entreprise.» Fonceuse, dites-vous. Et un brin naïve, avoue-t-elle. «Je me suis lancée tête première, sans réfléchir. Mais il faut dire que l’entrepreneurship, j’ai ça dans le sang. Mon père et mon grand-père étaient entrepreneurs. Et je sais que, pour partir en affaires, il faut être passionné, sinon c’est trop dur de passer à travers certains jours. Je me couche et me lève avec mes clients en tête. Je suis à une période de ma vie ou je peux me permettre de travailler beaucoup. Mes weekends sont réservés à la famille : je décroche, mais pas tout à fait.»

Heureusement, elle a un bon réseau autour d’elle. «Firme de comptable, agence de communications, clients qui croient en moi et maintenant ma fille qui travaille avec moi… ce sont souvent eux qui me fournissent l’énergie pour continuer.» Elle est particulièrement fière de sa fille Annick avec qui elle partage une belle complicité. Pour être une bonne intermédiaire, il faut savoir écouter et avoir le souci du détail. Cela permet parfois de remettre les pendules à l’heure. «Je suis très franche par rapport aux attentes irréalistes et pour expliquer que je ne ferai pas le travail à leur place… mais j’avoue qu’il y a une part de maternage dans mon travail.». Femme de tête, elle s’offusque qu’une certaine dose de familiarité soit permise aux hommes, et non aux femmes, et qu’on leur accorde, encore aujourd’hui, plus de crédit. Son plus gros défi, c’est de trouver des sous pour réaliser tous les projets qu’elle a en tête. Car elle en a beaucoup. Dont celui de se retirer éventuellement en France, au soleil, et bien entourée. Mais ce n’est pas pour demain !

Le rezo québec inc., lerezo.ca

Photos Peter Morneau


Roche Bobois