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Le dessin une passion au quotidien

POUR UNE MAJORITÉ DE GENS, TRAVAIL ET PASSION NE SONT PAS SYNONYMES. MAIS PATTY XENOS, FONDATRICE DE LA SOCIÉTÉ PATTY XENOS DESIGN, RELIE INTRINSÈQUEMENT SON INTÉRÊT POUR LE DESSIN À SON TRAVAIL DE DESIGNER. MIEUX QUE DES MOTS, ELLE EXPRIME SA PENSÉE ET SA CONCEPTION DE L’ESPACE EN DESSINANT.

Sans même s’en rendre compte, on a tous eu l’occasion d’apprécier les réalisations de Patty Xenos, que ce soit en allant au Centre Bell pour assister à un match du Canadien, en circulant dans le village au pied du mont Tremblant, en séjournant à l’Hôtel Quintessence ou en dégustant un dessert à la Pâtisserie de Gascogne sur la rue Laurier, pour ne nommer que quelques exemples. Depuis une trentaine d’années, Patty conçoit l’aménagement d’espaces publics, d’hôtels, de restaurants et même de boutiques, en toute discrétion. En effet, la designer d’intérieur n’a jamais cher­ ché la reconnaissance du grand public, car ses clients, des entreprises commerciales et immobilières, savent bien qui elle est et c’est ce qui compte vraiment pour son travail : «Dans mon domaine, on n’est jamais aussi bon que notre plus récente réalisation. Si on fait du bon travail, on n’en manque pas», résume celle qui préfère laisser la parole à ses croquis.

Le dessin, passionnément
La passion du dessin alimente Patty depuis qu’elle est toute petite : «Quand je n’avais plus de papier, je dessinais sur les surfaces libres que je trouvais, que ce soit des portraits, des voitures, en fait, tout ce que je voyais et qui représentait une composition intéressante. Il m’est arrivé d’avoir des ennuis parce que j’avais dessiné sur les murs», sourit­elle. Des étincelles brillent dans ses yeux lorsqu’elle se remémore la fois où, à court de papier, sa mère lui avait donné les pages blanches du bottin téléphonique pour qu’elle puisse se livrer à son activité favorite.

C’est de façon toute naturelle que ce champ d’intérêt s’est imposé à elle, puisque plusieurs membres de sa famille, du côté de sa mère, faisaient de la peinture, tandis qu’un de ses cousins était architecte : «Il était mon mentor, je l’admirais beaucoup et j’étais amoureuse de sa table de travail», raconte la conceptrice qui rêvait, enfant, de faire des dessins animés.

Écoutant plutôt les conseils de son cousin, elle s’est renseignée sur la carrière de designer et a choisi de faire ses études au Collège Dawson. Aujourd’hui encore, ce qu’elle aime le plus dans son métier, c’est la satisfaction que lui procure le fait de solutionner des problèmes grâce à ses dessins en trois dimensions, faits à la main, faut-il le préciser. En effet, alors que bien des designers utilisent des programmes informatiques pour donner forme à leurs projets, Patty reste fidèle au papier et aux crayons durant les premières étapes de la création : «Le travail à l’ordinateur interrompt le flot de mon processus créatif», explique celle pour qui rien n’est plus excitant qu’une feuille blanche… parce qu’alors, tout est encore possible.

Le secret est dans le détail
Selon Patty, le dessin est la forme la plus puissante de communication non verbale : «L’expérience m’a permis de réaliser qu’une simple ébauche en dit parfois beaucoup plus qu’une longue discussion à propos d’un projet. Elle permet aux gens de rêver en trois dimensions», souligne celle qui n’a jamais ressenti le besoin d’entretenir une passion autre que la sienne. En fait, précise­t­elle, le dessin est le catalyseur qui lui a fait découvrir l’aménagement intérieur. Autrement dit, l’un est essentiel à l’autre.

Les voyages auraient pu constituer une passion, mais encore une fois, ils sont liés de près à sa profession ; au fil des ans, la designer a réalisé plusieurs projets à l’extérieur du Québec. Ainsi, chaque fois que Patty met les pieds dans une nouvelle ville, l’un de ses premiers réflexes est de trouver une librairie pour acheter des livres de design. Ses observations et ses lectures constituent ensuite ce qu’elle nomme ses «archives mentales», et dans laquelle elle puise des idées. Tout ce bagage d’expériences a contribué à façonner sa vision de l’aménagement intérieur, qui s’exprime dans la création de lieux au style intemporel : «Parce que les modes ne durent pas», fait­ elle remarquer. «L’une de mes plus grandes satisfactions, c’est de retourner sur un projet, 5­10 ans plus tard, et de constater qu’on s’y sent encore bien, qu’il a bien vieilli». Pour arriver à ce résultat, il faut utiliser des matières nobles, s’intéresser à la luminosité des pièces, comprendre le comportement et les besoins humains et faire en sorte qu’ils se sentent bien : «Qu’est­ce qui fait qu’on ne s’assoit jamais dans certaines pièces, questionne Patty. Est­ce à cause des meubles ? De la lumière ? Des couleurs ? Il y a une raison et c’est en dessinant que je trouve la solution», explique celle qui œuvre en ce moment avec son équipe à l’aménagement des résidences du Ritz­ Carlton Montréal.




PHOTO MICHEL CLOUTIER.
ARTISTE MAQUILLEUR ET STYLISTE COIFFEUR

Kebecson