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Partager le goût de la réussite au féminin

Pour certaines personnes, c’est une cause qui vient les choisir et non l’inverse. C’est le cas de Caroline Codsi, présidente-fondatrice de l’organisme à but non lucratif La Gouvernance au féminin.

L’histoire débute lorsque Caroline, femme d’affaires aguerrie ayant vécu sur trois continents et parlant couramment quatre langues, souhaite en 2010 faire évoluer ses connaissances sur les mécanismes d’ascension à des postes décisionnels. Elle constate alors que les options en la matière sont pratiquement inexistantes. « Je cherchais à cette époque une plateforme de réflexion, d’inspiration et d’entraide qui allait me permettre de faire rayonner mes compétences dans des endroits où les femmes n’étaient pas assez présentes, en particulier les conseils d’administration », explique-t-elle. Sachant bien qu’elle n‘est pas la seule dans sa situation, elle prend l’initiative de proposer à son réseau de contacts une rencontre au University Club; un endroit symbolique puisqu’il était uniquement accessible aux hommes à une certaine époque. « Je me souviens qu’une de nos premières conférencières de prestige, Monique Jérôme-Forget, trouvait ce contexte très évocateur pour inviter les femmes à prendre place dans le monde des affaires », souligne-t-elle avec amusement.

Après avoir combattu intérieurement un certain sentiment d’imposteur, et à l’insistance des personnes présentes à son premier évènement, Caroline décide d’adopter officiellement la cause et de s’entourer d’une équipe. Le succès est au rendez-vous et se traduit notamment en une communauté en ligne de plus de 26 000 personnes. Ce chiffre démontre la pertinence bien actuelle de ce mouvement; force est de constater que si les choses ont évolué pour les femmes au cours des cinquante dernières années, ce n’est pas le cas quant au nombre de sièges sur des conseils (seulement 15,9 % de femmes au Canada en 2015). Les initiatives de l’organisation sont multiples : évènements axés sur le réseautage stratégique, accès privilégié à d’inspirants conférenciers et conférencières de calibre international (comme Maggie Henriquez, PDG des champagnes Krug (LVMH)), mentorat et activités ciblées contribuant à l’éducation des femmes en matière de gouvernance, et autres sujets connexes.

Caroline, qui poursuit également une carrière à temps plein et qui a élevé ses deux enfants en tant que mère monoparentale, entre dans la catégorie que j’appelle les « femmes-pieuvres » ! « J’ai besoin de dormir cinq ou six heures par jour, ce qui m’aide un peu à maintenir mon rythme. Je suis en fait passionnée par tout ce que j’entreprends, ce qui me donne de l’énergie et m’aide à garder le cap. Ma mère est aussi pour moi un bel exemple de motivation, puisqu’elle m’a fait confiance en m’envoyant seule vivre à Paris pour fuir la guerre du Liban alors que je n’avais que 17 ans. En fait, l’important est de se sentir en contrôle de sa destinée », me confie la présidente, qui comprend l’importance de garder son équilibre personnel. Voilà qui explique sûrement pourquoi elle est sensible à d’autres causes féminines, notamment celle du Chaînon, qui offre soutien et hébergement aux femmes en difficulté.

Le prochain gala de reconnaissance annuel de la Gouvernance au féminin, qui aura lieu le 14 septembre prochain, honorera trois grandes personnalités masculines qui, par leur travail, leur engagement et des mesures concrètes au sein de leurs entreprises, sont des pionniers pour la cause de la parité. « C’est en travaillant tous ensemble à cet important projet de société que nous pourrons aspirer à atteindre enfin la parité au Canada », nous rappelle Caroline Codsi.

lagouvernanceaufeminin.org

Photo: Bénédicte Brocard

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