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Stéphane Côté, sans limite

Le président de DevMcGill aime le design. Entre autres. Rencontre avec ce jeune promoteur immobilier qui construit des condos à Montréal depuis près de quinze ans.

J’ai rendez-vous au siège social, rue McGill dans le Vieux-Montréal. L’aménagement de la réception donne le ton : cloisons en verre, panneaux de plexi au plafond et aux murs, tapis de la jeune entreprise hip québécoise Couper Croiser, plafonniers d’usine en métal, poutres en béton. Plus loin, des tables de travail d’allure high-tech et une cafétéria branchée avec un comptoir en bois brut… Dans son bureau, des chaises en alu de style design. Sur sa personne, des boutons de manchette rigolos du créateur de mode anglais Paul Smith et une ceinture assortie, le tout accompagné d’une veste de couleur punch : «C’est l’été», se défend-il. Stéphane Côté est de retour depuis peu du Salon du meuble de Milan qu’il a visité durant quatre jours où il a vu les tendances : les couleurs, les lignes, les matériaux… Précédemment, il avait assisté à une autre exposition de développeurs et de constructeurs en Floride (NAHB International Builders’ Show) où il allait glaner des idées et humer l’air du temps. Habitué des hôtels design des grandes villes d’Amérique, d’Europe, et même d’Asie, il apprécie d’ailleurs l’ergonomie des aménagements japonais. Ce mot revient souvent dans son discours. C’est un homme féru d’efficacité. Il s’abreuve à tout pour décoder le monde qui l’entoure.

Avant d’avoir ses deux jeunes enfants, Stéphane Côté a mordu intensément à la vie. Il s’est baladé du côté des monts Kilimanjaro, Aconcagua et McKinley, a fait de l’héliski, de la plongée sous-marine, de la course automobile, piloté des avions, sauté en parachute… «Work Hard, Play Hard», explique-t-il, une manière de décrocher et de revenir rechargé. Il a pourtant plus l’allure d’un animal urbain que d’une bête sauvage. En réalité, il adore les villes, et Montréal en particulier. Depuis 1992, il change le visage de la métropole en rénovant des édifices patrimoniaux et en raflant plusieurs prix au passage : le 100 McGill (son premier chantier, où il a initié les Montréalais au concept du loft), le Caverhill, le Square Benny, le couvent Outremont… Ses deux derniers bébés : le Castelnau (ancien immeuble d’une communauté religieuse) à côté du parc Jarry et le St-Dominique (ex-brasserie Eckers) sur la Main dans le Quartier des spectacles. Des projets où se mêlent restauration et construction neuve. En revanche, toutes les phases du M9, situées dans le dernier îlot disponible de la Cité du Multimédia, ont pu se permettre de construire entièrement à neuf, «d’être plus flyées» : DevMcGill a collaboré avec la firme Sid Lee Architecture qui a fait gicler le vert pâle et l’orange vif, rétroéclairé en plus !

Depuis 1992, il change le visage de la métropole en rénovant des édifices patrimoniaux et en raflant plusieurs prix au passage

À Milan, il a été surpris par l’envergure de l’évènement et la qualité de la production offerte par les fabricants italiens

Stéphane Côté n’est pas un design freak à proprement parler, il aime plutôt les belles choses et il est sensible à son environnement. Par exemple, lors d’un voyage au Japon, il constate que les prises de courant sont installées au-dessus des tables de chevet ou des pupitres de son hôtel au lieu d’au-dessous, ce qui rend le branchement de l’ordinateur ou de la recharge du téléphone plus facile. Pour lui, tous les détails comptent. À Milan, il a été surpris par l’envergure de l’évènement et la qualité de la production offerte par les fabricants italiens, mais surtout fasciné par les meubles ergonomiques. Comme l’espace est compté en Europe, on a développé des produits polyvalents qui se prêtent à plus d’un usage, ou encore d’un format compact. Il tient cependant à préciser qu’on ne peut importer toutes ces idées telles quelles : il faut les adapter au marché local. La mentalité et le pouvoir d’achat diffèrent d’un continent à l’autre : le travail consiste à en tirer le meilleur parti.

Interrogé sur ses architectes et designers préférés, Stéphane Côté cite le Néerlandais Winy Maas qu’il a rencontré à C2-MTL, première édition d’un évènement Commerce + Créativité tenu en mai dans la métropole. Il admire par ailleurs la polyvalence du designer français À Milan, il a été surpris par l’envergure de l’évènement et la qualité de la production offerte par les fabricants italiens Philippe Starck qui est aussi à l’aise dans la conception d’un produit de consommation courante que d’un meuble ou d’un luminaire, ou encore d’un projet complet d’hôtel. Notre promoteur possède d’ailleurs chez lui un fauteuil Costes. Dans sa vie privée, à son domicile, ce diplômé de l’UQAM en économie et en marketing aime s’occuper de l’aménagement intérieur. Rien de nouveau de ce côté, car il faisait de même chez ses parents quand il était plus jeune.

Sous des dehors très calme, Stéphane Côté bouillonne par en-dedans d’une effervescence créatrice. C’est le genre d’entrepreneur qui n’est pas motivé que par le gain : il se sent une responsabilité en tant que Montréalais. Il est fier de léguer un héritage architectural de qualité à ses concitoyens. Il est impliqué dans le développement de sa métropole qu’il adore et souhaite que la Ville Unesc o de design mette la barre plus haut. En tout cas, lui, il est prêt à relever plein d’autres défis, comme un nouveau projet qu’il mijote pour le centre-ville et qui sera dévoilé sous peu. Le nom fait déjà rêver: Univers !

devmcgill.com

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Photos: cosmit

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