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Alex et Pierre Harvey guidée par la même étoile

LES GRANDS HOMMES ONT REPÉRÉ LEUR ÉTOILE DANS LE CIEL. IL APPERT QU’ALEX HARVEY, LA NOUVELLE SENSATION DU SKI NORDIQUE CANADIEN, A OPTÉ POUR CELLE QUI AVAIT ÉGALEMENT GUIDÉ SON PÈRE VERS UNE PARTICIPATION AUX JEUX OLYMPIQUES.

Alex Harvey

L’hiver dernier, Alex a conquis la planète du ski de fond en remportant deux médailles de bronze en Coupe du monde. Puis, il est devenu le champion mondial des moins de 23 ans. Quelques décennies plus tôt, son paternel avait représenté le Canada en cyclisme lors des olympiades de 1976,1984 et celles de 1988 en ski nordique. Pierre Harvey, aujourd’hui âgé de 54 ans, connaît donc par cœur les étapes, les émotions et tribulations inhérentes à la compétition internationale. Il est évidemment aux premières loges pour conseiller son fils. Mais surprise ! Il ne le fait pas. «Mon père ne s’est pas assis à la table pour me dire quoi et comment faire, raconte la jeune coqueluche de Saint-Ferréol-les-Neiges, il n’est jamais intervenu auprès de l’un de mes entraîneurs. Quand il me pose des questions, c’est toujours pour savoir si je m’amuse. Il ne souhaite pas que ma vie d’athlète devienne une corvée.»

Un peu comme Obélix, Alex Harvey est tombé dans la potion magique dès sa naissance puisque ses deux parents étaient des athlètes. Enfant, puis adolescent, Alex partait tous les week-ends avec les membres de sa famille quelque part au Québec. Il y en avait toujours un – parfois tous ! – d’inscrit soit à une compétition de vélo, à un 24 heures de ski ou encore à un raid aventure. «Quand je partais seul avec mon père, parce que les autres étaient pris ailleurs, on se lançait des défis. On choisissait des sentiers difficiles en vélo de montagne et on gageait sur celui qui mettrait le moins souvent pied à terre. C’était ben l’fun.»

En quoi Alex a-t-il hérité des traits de ses parents ? «Il ressemble à Mireille pour son côté sérieux et méthodique, souligne Pierre. Par chance qu’il fait la fête, quelques fois l’été, sinon je trouverais qu’il est trop sérieux. Quand tu ne prends jamais le temps de t’amuser, à un moment donné, le ballon éclate et ta vie dérape d’un coup. De moi ? L’équilibre dans sa vie. Il n’a pas arrêté de vivre pour le ski. Il s’est acheté une maison, il bricole, il voit ses amis, il continue de faire du vélo.»

Alex HarveyAlex Harvey

Pierre Harvey est-il épaté par les prouesses de son fils ? Assurément. Mais, Alex, voue aussi une réelle admiration à son père. «Il m’impressionne tellement. Je découvre le milieu qui a été le sien. À l’époque, les athlètes n’avaient pratiquement pas de support. Mon père devait parfois farter ses skis lui-même. Et dire qu’il arrivait à rivaliser avec les skieurs des pays scandinaves. C’est énorme. Aujourd’hui, on a quelques entraîneurs nationaux, des massothérapeutes, des spécialistes. Ce n’est pas croyable, les performances qu’il démontrait. En plus, ma mère était médecin, mes deux sœurs étaient nées… il fallait toute une logistique.» En fait, c’est toute une famille qui avait repéré son étoile dans le ciel.

PHOTOS NORDICFOCUS / ÉQUIPE NATIONALE DE SKI DE FONDS DU CANADA

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