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Colnago, as du vélo

Les Italiens adorent le cyclisme. Dans la province de Lombardie, réputée pour ses dynamiques entrepreneurs, certains ont même développé une industrie vouée à la fabrication de bicyclettes de compétition ainsi qu’à la production de composants mécaniques, de pièces et d’accessoires pour le vélo. Parmi les nombreux fabricants install és près de Milan, il en est un qui a pris la tête du peloton : Colnago.

Ernesto Colnago naît à Cambiago en 1932, sur la ferme paternelle. La passion d’Ernesto tourne autour de la petite reine : lui-même cycliste, il est aussi un mécanicien habile et astucieux. Dès l’âge de 13 ans, il obtient un poste de soudeur à l’usine Gloria, d’où il démissionnera à 19 ans pour créer son propre atelier à même des locaux familiaux. Il fabrique alors des roues pour des coureurs légendaires comme Giorgio Albani et Fausto Coppi. Deux ans plus tard, en 1954, il devient mécanicien pour une écurie, sous la houlette d’un mentor, l’un des meilleurs de la profession. L’élève va en quelque sorte dépasser le maître en 1955, quand Colnago construira le tout premier vélo portant son nom et l’offrira à Fiorenzo Magni, vainqueur du Giro d’Italie cette année-là. Ce sera le premier des cinq triomphes au fameux tour italien; s’ajoutent deux Tour de France victorieux, plus de 50 championnats du monde et 15 gains aux Jeux olympiques. Entre autres ! Et Colnago est deux fois détenteur du record de l’heure cycliste, la plus longue distance parcourue sur une piste en une heure, avec Eddy Merckx (49,43 km à Mexico en 1972) et Tony Rominger (55,29 km à Bordeaux en 1994).

Toujours installée à Cambiago, l’entreprise, aujourd’hui présente dans 40 pays, est restée familiale. Elle est encore gérée, 62 ans plus tard, par le patriarche Ernesto et plusieurs membres de sa famille proche ou éloignée, dans le cadre d’un organigramme plus organique que hiérarchique. Régime brouillon ? Appelons ça plutôt de la passion. Au fil du temps, Colnago a démontré son penchant avant-gardiste et sa maîtrise de la technologie. Pour s’en convaincre, on n’a qu’à regarder vers Maranello, à 200 kilomètres de là, où trône un autre as de la compétition, automobile celle-là : Ferrari. Ensemble, Ernesto et Enzo Ferrari ont travaillé sur un produit à base de fibre de carbone dont le résultat portera les deux noms emblématiques : Colnago for Ferrari. Il s’agissait alors du premier cadre carbone à raccords pour vélo de compétition et de l’avènement d’une fourche droite, non courbée comme à l’habitude. D’autres premières de l’industrie sont signées Colnago : il sera le premier à avoir adapté la fabrication du cadre et des triangles pour pouvoir installer des freins à disque; ceux-ci sont très différents des freins réguliers et nécessitent une autre approche (plus lourds, les freins seront placés au centre de la roue). Il appliquera aussi une géométrie moderne aux cadres en jouant sur la longueur des tubes et des potences. Il inventera de plus le tube en motif de feuille de trèfle, qui assure plus de rigidité et de résistance. L’image du trèfle sera par la suite incorporée au quatrième et dernier logo de l’histoire de la compagnie.

Colnago oeuvre dans un créneau haut de gamme : certains de ses modèles sont faits main en Italie et, par souci d’esthétique, les cadres sont peints individuellement par aérographie. Un résultat unique ! Leader dans son domaine, Colnago offre la durabilité, une qualité de roulement et un confort qui rime avec efficience. Il faut savoir que l’entreprise a été en mesure d’inventer là où ses compétiteurs se contentaient de copier. Elle a été la première à introduire la fibre de carbone dans le monde cycliste, un changement d’importance historique qui a demandé beaucoup de courage à l’époque, alors que cette technique est monnaie courante aujourd’hui. Ernesto a bien raison de se considérer comme un explorateur et un innovateur. Rigoureuse, la compagnie ne fait aucun compromis : elle recherche la qualité et non la quantité. Par exemple, elle ne fait pas la lutte au poids des cadres au détriment de la sécurité des usagers : celle-ci excède largement les standards en la matière. Pas étonnant, car Ernesto a toujours été axé sur les coureurs et les cyclistes, hommes et femmes. Il les écoute et les reçoit à l’usine très régulièrement. Celle-ci vibre encore de tous leurs exploits, puisqu’un musée y a été aménagé qui exhibe les modèles marquants de la compagnie. Certains vélos portent encore des traces de boue qui datent des courses gagnées ! On sent bien ici la philosophie de l’entreprise : ne pas être une mode passagère ou la saveur de la semaine. Colnago ne veut pas suivre un peloton, mais plutôt marquer la cadence, établir les tendances. Alors, quelle vision pour l’avenir ? Maintenir la continuité de sa propre démarche, empreinte de sérieux, et faire preuve de patience, vertu qui mène loin. Colnago souhaite être reconnue mondialement pour sa qualité, sa classe et son apport au monde du cyclisme international. En d’autres mots, suivre son plan de match, car la compétition fait aussi partie de son ADN.

procycle.com et colnago.com

Colnago, as du vélo – e-mag

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