Loading...

Giuseppe Marinoni, un monstre sacré

Une quarantaine d’années après avoir pris sa retraite de la compétition cycliste, l’homme d’affaires Giuseppe Marinoni, a établi un nouveau record mondial dans la catégorie des 74-79 ans en parcourant 35,7 km en une heure.


L’exploit a été réalisé dans son Italie natale, il y a quelques mois. Il a utilisé pour l’occasion une bécane fabriquée de ses mains en 1978. «Oui, c’est une fierté d’avoir réussi. Une fierté parce que ça démontre que peu importe notre âge, se fixer un but dans la vie nous donne l’occasion d’aller de l’avant. Il y a eu du piquant dans mon année. C’était stimulant. J’ai bien aimé l’expérience et je vais tenter le coup à nouveau pour mes 80 ans, je vous l’annonce déjà !»

Cet homme est un personnage rendu célèbre par le chroniqueur Pierre Foglia qui en parle régulièrement. Le record n’est pas sa plus grande satisfaction. Le virage majeur est survenu à l’approche de la quarantaine quand il était tailleur d’habits à la boutique de vêtements de Serge Savard, le capitaine du Canadien de Montréal. «J’étais bon je crois, mais je n’aimais pas ça. Quand j’ai découvert comment fabriquer de mes mains une bicyclette, j’ai trouvé ma passion. À partir de là, ma vie s’est déroulée comme sur un nuage.»

Parmi les prouesses de monsieur Marinoni, il y a celle d’avoir embauché un jeune homme qui ne voulait plus fréquenter l’école, à l’époque où le système boudait la formation professionnelle. Il oeuvre à ses côtés depuis maintenant 25 ans. Un autre fidèle employé est aussi là depuis 40 ans. «Évidemment que c’est bien l’école, mais il n’y a pas de honte à être manuel. Si tu as de la volonté, tu réussiras. Et la passion, peu importe les diplômes, est plus importante pour être heureux sur cette terre. Je veux dire aux gens qu’il n’est jamais trop tard dans la vie pour se lancer des défis personnels, en affaires comme dans le sport.»

D’ailleurs, les nombreuses statistiques sur l’entreprenariat le tracassent. «Ça m’inquiète de voir que les jeunes ne se lancent pas en affaires.» En ce sens, celui qui s’est établi sur la couronne Nord de Montréal dit que les personnes qui l’inspirent dans la Belle Province sont les frères Lemaire, qui viennent à peine de céder la direction de Cascades, et Pierre Karl Péladeau. «Je l’aime bien, Péladeau. Il est capable de se tenir debout. Il m’impressionne énormément.»

Une vie inspirante, que celle de «Pépé», qui a remporté deux fois dans les années 1960 une course très populaire entre Montréal et Québec. À l’issue d’une victoire éclatante, il était dans un taxi, prêt à repartir en Italie, quand le restaurateur Federico Corneli lui a suggéré de rester au pays. Corneli et Serge Savard, indirectement, lui ont permis de devenir le plus célèbre constructeur de vélos au Québec. Giuseppe Marinoni demeure encore l’un des seuls à proposer des bécanes où l’on peut choisir ses caractéristiques et même y faire apposer son propre nom. Au fait l’an dernier, c’est 7 000 km qu’il a pédalé Pépé. À 75 ans…

MARINONI, marinoni.qc.ca

m11-sports-giuseppe-marinoni-05

m11-sports-giuseppe-marinoni-04

Dans la province de Bergame à l’automne 2012, à l’entrainement, avant son record..

m11-sports-giuseppe-marinoni-01

Le 20 octobre 2012, au vélodrome de Montichiari où il a établi son record, à 75 ans : 35,72 km en une heure.

m11-sports-giuseppe-marinoni-03

À Sainte-Agathe en 1965, il faisait partie de l’équipe italienne, pour le Tour du Saint-Laurent. Il devait quitter la semaine suivante, mais n’est jamais reparti en Italie..

m11-sports-giuseppe-marinoni-02

À l’arrivée d’une course à Rome en 1960, il était seul en tête, mais il n’a pas gagné parce qu’il a fait une crevaison ; on le voit ici avec son boyau sur l’épaule.


Groupe Beauchamp