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Le vélo dame le pion au golf

C’est le prestigieux Wall Street Journal qui l’affirme : «Cycling is the new golf». S’ils ne peuvent prétendre être les instigateurs de ce phénomène, trois Québécois méritent cependant de l’avoir pressenti.

Jacques Dubé, Gilles Dionne et Pierre Gagnon ont mis sur pied, il y a 16 ans, l’Association cycliste en développement des affaires (ACDA). Ils ne se doutaient pas, à ce moment-là, que le cyclisme deviendrait l’industrie sportive numéro un à l’échelle de la planète. Ils devinaient, par contre, qu’il serait beaucoup plus intéressant de faire du réseautage en groupe, à vélo, plutôt qu’à quatre durant toute une journée sur un parcours de golf. Ainsi, l’ACDA s’est mise à faire pédaler les gens d’affaires et les professionnels sur des chemins bucoliques. Vraiment, l’histoire de l’ACDA n’est pas banale.

À une époque qui semble lointaine, le sportif du groupe, Gilles Dionne, discutait avec Pierre Gagnon et lui a balancé qu’il allait perdre une excellente relation d’affaires s’il continuait à vivre ainsi. «Dionne faisait allusion au fait que je fumais et je faisais osciller la balance à 225 livres», raconte Gagnon. Maintenant ce dernier va travailler à vélo tous les jours et il démontre une forme physique exemplaire.

Dubé, lui, était un «rejet» dans son enfance. On ne le choisissait jamais lorsque venait le temps de former des équipes. «Quand mes enfants ont commencé à faire du vélo de montagne à Saint-Bruno, je n’avais pas envie de rester là à les attendre. À ma première course, j’ai terminé dernier. Faut dire que j’avais un support à bagages qui alourdissait ma bécane et un bol de salade en plastique sur la tête en guise de casque.»

De fil en aiguille, par l’entremise de l’ACDA, les trois hommes ont incité nombre de gens d’affaires à modifier leurs habitudes de vie et à améliorer leur santé en prenant un mercredi aprèsmidi par mois pour pédaler et effectuer du réseautage. «Je constate avec bonheur que le vélo est devenu la priorité des membres, avant les contacts professionnels, fait valoir Dionne. Et c’est pour ça que les relations deviennent aussi fortes: parce que l’élément plaisir prévaut sur l’obligation d’effectuer une activité pour le business.» Gagnon ajoute : «30 % de nos membres sont des femmes. L’ACDA, c’est loin d’être un ‘boy’s club’. Nous en sommes très fiers.»

En se fixant l’objectif de participer aux sorties de l’ACDA, les adhérents retrouvent un plaisir de jeunesse, la bicyclette. Et ils découvrent aussi la joie de bouger. Ils sont nombreux, comme les trois fondateurs, à avoir décidé d’investir sur leur santé. Ne serait-ce que pour ce seul aspect, Dionne, Dubé et Gagnon méritent un grand coup de chapeau.

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Henri Vezina