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Père-fille unis par le triathlon

PATRICE KRETZ, QUINQUAGÉNAIRE EN GRANDE FORME, A DÉCOU­VERT UNE DISCIPLINE EXIGEANTE SOUS L’INFLUENCE DE SA FILLE, AMÉLIE. HISTOIRE D’UNE BELLE COMPLICITÉ.

«C’est ma fille Amélie qui m’a donné la piqûre du triathlon. Puis, un jour, je suis allé voir le Ironman d’Hawaï et j’ai vu à l’œuvre Pierre Lavoie, notre champion. Ça a été le coup de foudre. Je me suis dit : je dois revenir ici comme participant.»

Patrice Kretz est un quinquagénaire. En forme. En très grande forme. Il a fait davantage que se laisser charmer par l’ambiance et l’énergie électrisantes du célèbre événement: il y est retourné en qualité d’athlète et est… monté sur le podium !

Ce n’est rien de banal puisque Hawaï, théâtre du triathlon Ironman le plus prestigieux de la planète, est constitué de 4 km de nage dans l’océan, 180 km de vélo et 42 km de course à pied. Kretz avoue que «c’est un grand honneur, un privilège, de monter sur le podium à Hawaï.»

Mais, à bavarder avec lui, on devine que là n’est pas sa plus grande fierté. Il a la chance d’avoir eu des parents très sportifs, son épouse court de façon récréative, son fils aime le sport également et sa fille est… membre de l’Équipe du Québec de triathlon ! Quoi de plus enorgueillant pour un parent que le partage d’une passion avec son enfant ? «J’aime la regarder s’entraîner, avoue Patrice. Je ressens énormément de fierté à la voir aussi dédiée, mature. C’est exigeant, mais elle adore ça. Vous savez, on joue au hockey, on joue au baseball, au tennis, au golf, mais on ne joue pas au triathlon. C’était son choix, et on sait que c’est exigeant, que ce n’est pas un jeu.»

«J’ai une belle vie», précise tout de suite Amélie Kretz. «Je voyage à travers le monde pour mon sport, je vois de beaux paysages et je tisse plein d’amitiés, même avec les adversaires. Le triathlon, c’est comme ça.»

L’objectif de la jeune athlète de 18 ans : les Championnats du monde de l’an prochain en Nouvelle-Zélande. Et pourquoi s’arrêter là ? Effectivement, les Jeux olympiques de 2016, rien de moins, sont dans sa mire. Belle histoire de famille, que celle des Kretz. La complicité père-fille est réellement tangible. «On peut s’entraîner ensemble», lance Patrice, «mais de plus en plus elle est trop forte et je suis parfois contraint de l’accompagner à vélo pendant qu’elle est en course à pied.»

«Mes parents m’encouragent sans cesse parce qu’ils voient que j’aime ça, ajoute Amélie, aussi reconnaissante qu’admirative. Je me souviens que j’étais très émue quand j’ai appris que mon père avait remporté son premier Ironman, en Floride.» De simples mots qui témoignent d’une affection réciproque, d’une alliance familiale bien scellée. Une aventure qui a pris forme lorsque Amélie a été inoculée par cette spécialité multidisciplinaire.

Pour bien imaginer la dose d’efforts requise, il faut savoir que les professionnels de l’élite mondiale mettent neuf heures à compléter le Ironman d’Hawaï ; 10 heures pour celui qui se classe 500e, et 16 heures pour les derniers. Avec un corps qui, à un certain moment, se met à crier gare.

Les Kretz vous le diront. Au-delà de la souffrance, on ressort de pareilles folies avec un moral à toute épreuve, une confiance redoublée. Et, une fenêtre ouverte sur l’avenir autant pour le papa qui vieillit en santé que pour sa fille à qui les Jeux olympiques font de l’œil.

Photos: Bramwell Ryandispatches.ca

Patrice Kretz

Patrice Kretz

Amélie Kretz

Amélie Kretz

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