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Lynn Albert – La renaissance des Îles

Groupe Beauchamp

L’ENTREPRISE DE LYNN ALBERT PRODUIT CHAQUE ANNÉE 5 MILLIONS DE LIVRES DE HOMARD ET 2 MILLIONS DE LIVRES DE CRABE; ELLE FAIT TRAVAILLER 350 PERSONNES AUX ÎLES DE LA MADELEINE. CINQ ANS APRÈS AVOIR RACHETÉ DEUX USINES DE TRANSFORMATION AU BORD DE LA FAILLITE, LA PRÉSIDENTE DE LA TRADING PEUT DIRE MISSION ACCOMPLIE ! SON NOUVEAU MODÈLE D’AFFAIRES A REMIS LE GROUPE SUR LE CHEMIN DE LA CROISSANCE, ET SES PRODUITS SONT MAINTENANT EXPORTÉS AUX QUATRE COINS DU MONDE.

Lynn Albert garde un vif souvenir de son arrivée aux Îles de la Madeleine. Après sept ans passés au Japon et quelques années dans le commerce des fruits de mer dans les Maritimes, la femme d’affaires venait de déposer une offre pour racheter deux usines de transformation en difficulté. Des centaines d’employés madelinots comptaient sur elle pour garder leur emploi, et elle savait qu’elle aurait besoin d’un solide plan d’affaires pour renverser la vapeur. La tâche qui se dessinait devant elle était titanesque, pour dire le moins. « C’était très, très stressant : j’ai deux chiens, et l’un d’entre eux vomissait tout le temps car il percevait mon stress », raconte-t-elle en riant.

Cinq ans après cette transaction à haut risque, la présidente de LA Trading a gagné son pari, et davantage. Non seulement est-elle parvenue à transformer le modèle d’affaires des usines, mais elle a aussi réussi à multiplier les débouchés pour le homard, le crabe et les pétoncles des Îles, qui sont maintenant exportés un peu partout dans le monde. Mieux encore, la native de Caraquet est tombée en amour avec les paysages magnifiques de l’archipel et avec la population locale, qui l’a accueillie à bras ouverts.

Lynn Albert aurait pourtant eu bien du mal à imaginer un tel scénario en 1990. Cette année-là, une tragédie frappe sa famille. Son père, qui exploite une usine de transformation de poisson, périt dans un accident de voiture. C’est la dévastation. Sa mère devant vendre l’entreprise, le rêve de cette fille unique de reprendre le flambeau familial s’éteint. La jeune femme termine ses études en administration des affaires à Moncton tout en se questionnant sur son avenir. « J’étais encore jeune et fofolle. Je ne savais pas trop quoi faire. J’ai dit : “Je vais aller au Japon !” »

L’aventure devait durer un an. Lynn Albert restera plutôt sept ans à Sapporo, dans l’île d’Hokkaido. Elle enseigne l’anglais et le français et finit par apprendre la complexe langue niponne. « J’ai vraiment adoré; ce fut une belle expérience de vie. »

    Groupe Beauchamp

« Dans ma mission, j’aimerais que les produits des Îles de la Madeleine soient bien connus mondialement. »

De retour au Canada à la fin vingtaine, Lynn Albert accepte un emploi de gestionnaire dans une usine de transformation d’oursins, à Halifax. C’est le déclic. Elle revient à Caraquet deux ans plus tard et décide de fonder sa propre compagnie de vente de fruits de mer, LA Trading. Le nom de l’entreprise contient ses initiales, mais la femme d’affaires, qui est la seule actionnaire de sa société, souhaitait aussi une dénomination qui « fait féminin ».

Le véritable boom de croissance – et les grandes montées de stress – est survenu il y a cinq ans, quand elle a débarqué aux Îles de la Madeleine. À l’époque, Investissement Québec venait de mettre en vente deux importantes usines de transformation de fruits de mer en sérieuses difficultés financières. L’une produisait du crabe à Grande-Entrée, et l’autre du homard et des pétoncles à Gros-Cap. « Quand j’ai racheté, ils en arrachaient, ils ne produisaient plus de qualité. Les gens avaient perdu leur fierté. Les Madelinots sont des gens fiers, alors c’était encore plus difficile. » Après avoir remporté la mise devant deux autres soumissionnaires, la femme d’affaires met son plan d’action en branle. Au coeur de la stratégie : remettre la qualité du produit – exceptionnelle – à l’avant-plan. « Le homard des Îles de la Madeleine, c’est le meilleur homard. Je voulais lui redonner sa juste valeur. Même chose pour le crabe. »

La chef d’entreprise a depuis investi des sommes importantes pour moderniser les équipements et les processus de production. Toute la chaîne d’approvisionnement a été revue de fond en comble, des quais de pêche jusqu’au vivier géant, qui peut accueillir 300 000 homards. Les crustacés sont inspectés un à un à toutes les étapes pour s’assurer de leur vivacité exemplaire.

Lynn Albert a aussi lancé un concours auprès de ses 350 employés pour renommer l’entreprise, qui s’appelle maintenant LA renaissance des Îles de la Madeleine. Les différents produits du groupe sont achetés par de grandes chaînes d’épicerie et de restaurants, comme St-Hubert, et 95 % prend la route de l’exportation, principalement vers les États-Unis, le Japon, la Chine et l’Europe. « On débute notre cinquième saison et les affaires vont très bien, dit-elle avec humilité et fierté. Maintenant, les clients viennent nous voir parce qu’ils connaissent notre marque de commerce et qu’elle est très prisée sur les marchés. » Au-delà des profits qu’elle pourrait réaliser, l’entrepreneuse a un objectif bien précis pour d’ici cinq ans. « Dans ma mission, j’aimerais que les produits des Îles de la Madeleine soient bien connus mondialement. »


lrdi.ca et latrading.ca
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