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Jonathan Primeau – L’appel du vin

Sélection Panorama

LE VIN EST DEVENU UNE SOURCE INÉPUISABLE À LAQUELLE S’ABREUVENT TOUTES LES PASSIONS DE JONATHAN PRIMEAU. CE SONT ELLES QUI LUI ONT PERMIS DE METTRE EN PLACE L’EXPÉRIENCE ULTIME LIÉE AU VIN.

Comme dans les contes, cette passion a commencé par des mots lancés sur les pages d’un livre, mais pas n’importe lequel. C’est en lisant l’histoire des bordeaux que Jonathan Primeau, président et fondateur de CellArt, une entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de caves à vin luxueuses, apprend encore tout jeune l’essentiel quant à l’influence de Napoléon sur les vignobles, la commercialisation et la mise en place des appellations. Insidieusement, le vin venait de se tracer un chemin jusqu’au coeur de cet homme qui carbure maintenant à cent mille à l’heure. « J’ai collectionné des timbres et des monnaies quand j’étais jeune. Maintenant, lorsqu’un nouveau millésime sort, je suis un des premiers à l’avoir dans ma collection », explique-t-il.

Il a fallu un certain temps avant que cet homme d’affaires ne cède à sa passion pour le vin… et comprenne ses multiples ramifications. Mû par une énergie de tous les diables et une capacité à apprendre en mode accéléré, il a d’abord travaillé chez Bell à titre de gestionnaire, puis chez le géant japonais Fujitsu, spécialisé en technologie. La voie semblait déjà toute tracée; toutefois, le vin coulait dans ses veines. « Il me manquait le feu sacré. Il fallait que je vive mon rêve et que je devienne entrepreneur. J’ai plusieurs passions, mais celle qui est devenue l’élément central, le dénominateur commun de mon mode de vie, c’est le vin. »

Avec l’appui de sa famille – et comme but ultime d’avoir son propre vignoble à 50 ans –, Jonathan Primeau fonde son entreprise de celliers. Les débuts sont modestes, la réalisation de celliers demandant du travail et de l’audace. Pour se démarquer de la compétition, il veut créer des espaces hors du commun. Coup de chance, il se taille une place auprès d’une clientèle aisée et décroche un partenariat mondial avec l’entreprise Stack, qui conçoit des supports à bouteilles minimalistes. Le rêve se précise, la passion devient tangible. Le travail et la détermination feront le reste.

Si le livre sur l’histoire des bordeaux a servi d’étincelle et a permis à Jonathan Primeau de découvrir sa passion première, ce trentenaire n’a jamais voulu s’en tenir qu’à la théorie. Il se définit d’abord comme un homme de terrain qui parfait ses connaissances et alimente ses passions en profitant jusqu’à la lie de chaque moment et de chaque rencontre. « J’aime chasser, joindre la bonne bouteille au bon repas. Il n’y a rien de mieux que de pêcher un saumon en Gaspésie et de le marier au bon vin », confie-t-il. Le vin et la gastronomie font bon ménage, on le sait déjà. Jonathan Primeau a su aller plus loin et faire de sa passion une expérience totale. Loin de se limiter aux plaisirs de la bouche ou à la pure fabrication de celliers, il a visité des vignobles partout sur le globe, échangé avec des vignerons et senti la terre sous ses pas.

    Henri Vezina

Avec l’appui de sa famille – et comme but ultime d’avoir son propre vignoble à 50 ans -, il fonde son entreprise de celliers.

C’est en peaufinant son travail et ses connaissances, et en multipliant les rencontres que Jonathan Primeau a ranimé son amour pour l’art et le design. « Je m’adresse à des passionnés de vin qui travaillent avec des designers et des architectes. Je me devais de parler le même langage. » Pour mieux communiquer l’aspect performant de ses celliers, exprimer sa créativité et travailler en phase avec les concepts des artistes et des artisans, il n’a pas hésité à suivre une formation en leadership créatif dans le programme THNK d’Amsterdam. « Quand j’ai fondé mon entreprise, la cave à vin moyenne était dans un sous-sol fermé et contenait le plus de bouteilles possible dans le moins d’espace possible. Aujourd’hui, le vin est exposé dans le salon ou la cuisine. » Il lui faut maintenant souvent composer avec des environnements restreints, concevoir des espaces vitrés et ouverts sur les autres pièces, porter attention au choix des finis, des matériaux ainsi qu’à l’éclairage, et veiller à la configuration optimale des supports à bouteilles. L’amour de l’art et du design s’est greffé à sa passion première afin de permettre au jeune entrepreneur de repousser les limites de la conception d’un cellier. Fin collectionneur, il s’intéresse maintenant aux étiquettes et à la configuration des bouteilles, ainsi qu’à l’association entre le vin et l’art. Sans hésitation, il approche des artistes dont il apprécie les oeuvres et leur propose des collaborations. « J’aime leur rétroaction et me faire lancer des défis. J’ai présenté ce que je faisais à des artistes d’ici, et tous ont souhaité développer quelque chose d’unique avec CellArt. Tout récemment, à Los Angeles, après avoir vu son oeuvre, j’ai contacté un artiste afin de présenter un projet commun pour un appartement haut de gamme. »

Gastronomie, rencontres, art et design… La passion première pour le vin a su étendre ses ramifications pour devenir un projet de vie et imposer son rythme à un homme qui prend rarement le temps de s’arrêter. C’est pourquoi La Cérémonie du vin lui est si précieuse. Créée et pratiquée par Thierry Forbois, La Cérémonie du vin est un art vivant dans lequel le service d’un vin est l’objet d’un rituel auquel assiste un petit groupe d’invités. Ce moment privilégié permet à l’entrepreneur de se ressourcer en partageant un moment de grande émotion avec ses clients, connaisseurs avertis ou simples amateurs, en les invitant à ralentir pour mieux apprécier ce que le vin a de meilleur à offrir. « Chaque fois que je parle de cette expérience, je ne parviens pas à communiquer à quel point c’est unique ! Il faut vraiment la vivre pour comprendre sa magie… » Selon Jonathan Primeau, cette expérience de dégustation nous ramène à l’essentiel, ravive nos sens et permet de retrouver son âme, de se reconnecter à la nature et de cultiver sa passion pour le vin.


cellart.com
Jonathan Primeau – L’appel du vin – e-mag

Jean-Paul Fortin