fbpx
Loading...

Yannick Nézet-Séguin, un maestro de renommée internationale

Design Louis-George

Titre original : Yannick Nézet-Séguin

Yannick Nézet-Séguin est animé par deux grandes passions. Si la première l’a mené à diriger les plus grands orchestres du monde, la deuxième, plus discrète, l’incite à fréquenter les courts de tennis. Variations sur ces deux thèmes.

Yannick-Nézet-Séguin est une des rares personnalités à faire l’unanimité : la presse l’adore, ses collègues de travail et ses étudiants aussi. Le Québec tout entier connaît son parcours. Son apprentissage du piano à l’âge de cinq ans, son passage dans les chorales, sa décision à l’âge de dix ans de devenir chef d’orchestre, puis cette montée fulgurante qui l’a conduit à la tête de l’Orchestre métropolitain de Montréal, de l’Orchestre philharmonique de Rotterdam, puis de celui de Philadelphie et enfin, jusqu’au Metropolitan Opera de New York. Son talent inné pour la musique, son goût d’apprendre et de se dépasser, son lien intimement tissé autour de la musique avec sa famille et ses proches… tout semble bien en place pour expliquer ses succès. « Mes parents jouaient du piano et toute ma famille a chanté dans les choeurs; et puis il y a Pierre, mon conjoint, qui est altiste. Je suis très privilégié de compter sur lui lors de mes voyages, heureux de pouvoir voyager avec mes parents et qu’ils puissent venir me voir en concert. Avec la pandémie, les voyages ont cessé, mais le lien familial n’en reste pas moins très fort. »

La COVID-19 a bouleversé son horaire et l’a cloué au sol montréalais. Une situation particulière, cependant loin de déplaire à ce globe-trotter habitué à naviguer entre les fuseaux horaires. « Montréal est la ville où j’ai grandi, étudié, travaillé, où je travaille toujours et où je réside avec mes chats. La créativité montréalaise m’apporte beaucoup. » Montréal (ville au format idéal selon lui) semblait l’endroit tout indiqué où poser ses valises, réfléchir à son métier et à l’apport de la musique dans notre quotidien. « La pandémie nous a tous pris par surprise. Quand on fait de la musique, des arts de scène, se retrouver sans public a quelque chose de choquant. On réalise que les gens nous manquent et que le bonheur d’un rassemblement, d’une communion, nous manque. Je souhaite que cette crise nous fasse comprendre à quel point nous avons besoin de la musique pour vivre. Je crois sincèrement que la musique et les arts ont tellement manqué aux gens qu’ils ne les tiendront plus pour acquis. » Loin de tout arrêter, en véritable meneur, il a multiplié les efforts pour faire vivre son art, briser l’isolement et rendre la musique accessible même en période de grand confinement. On a pu l’apercevoir sur le Web, que ce soit lors de concerts intimes, assis au piano, ou lors de la présentation du gala annuel du MET. Des rencontres virtuelles avec ses étudiants, les musiciens de ses orchestres et même les gouvernements ont aussi ponctué son quotidien. Son rythme n’a pas ralenti, il a simplement changé de cadence.

    Galerie Beauchamp

Difficile de croire que ce passionné arrive à se détendre et à se distraire alors que la musique semble occuper toute la place. « J’ai une seule vraie passion et c’est la musique. Elle est présente dans tout ce que je fais. Si je me suis intéressé au début à l’activité physique, c’était par nécessité. » À regarder avec quelle aisance Yannick Nézet-Séguin dirige ses concerts, on oublie souvent tout le travail effectué en amont, mais aussi que la direction d’un opéra ou d’une symphonie peuvent parfois prendre des allures de marathon. « J’ai besoin d’équilibrer mon corps et mon esprit. Pierre et moi sommes suivis par la même entraîneuse et amie, Patricia Lamarre, depuis 15 ans. Je pratique aussi le jogging dans les villes. C’est une bonne façon de tout oublier et de me concentrer tout en faisant monter l’adrénaline. » Puis, il prononce cette phrase anodine : « J’ajouterais que la seule autre petite passion que j’ai est le tennis. »

Voilà ! La balle entre en jeu. C’est pour souligner l’anniversaire de son père, fan de tennis, qu’il a en 2005 invité ses parents au tournoi de Monte-Carlo; Yannick a alors assisté à son premier match « live » entre Rafael Nadal et Guillermo Coria. Depuis, il ne peut plus s’en passer. « Je trouve inspirant de regarder les matchs de tennis. J’admire la discipline et la détermination des joueurs. »

Dans un long article du journal L’Équipe publié sur son site, le chef va jusqu’à établir un parallèle judicieux entre ce sport et la musique. Auriez-vous pensé comparer le jeu de Nadal à une oeuvre de Beethoven? Établir un parallèle entre la longueur de certains matchs et celle des opéras de Wagner, ou encore émettre l’hypothèse que les joueurs de haut niveau, comme les musiciens, sont à la recherche d’une perfection inatteignable? Il est vrai que le tennis, comme la musique, impose des règles, est redevable d’une grande tradition… et demande de constamment se réinventer. Pas étonnant que ce sport plaise tant au chef d’orchestre.

Et quand ses horaires redeviendront des casse-têtes ? « Il y a des gens qui s’en occupent. Mes agents à Londres, une personne à temps plein que je n’engage que pour ça et ma mère, Claudine Nézet, pour le volet montréalais. » Lorsque la terre se remettra à tourner, que se souhaite-t-il ? « Je le dis souvent, je suis un homme comblé. J’avais des rêves d’enfant que j’ai réalisés et que je continue à réaliser. Je suis magnifiquement entouré par ma famille, et je suis choyé sur les plans amoureux, professionnel, et de l’amitié. Mon souhait ? Continuer à être un modèle pour la plus jeune génération de musiciens de toutes origines et de les inspirer à vivre leur passion. C’est ce que les arts peuvent apporter et c’est ce qui donne un sens à la vie. »


yannicknezetseguin.com et orchestremetropolitain.com

Yannick Nézet-Séguin – e-mag

Design Louis-George